L’arthrite sous toutes ses formes

Dossiers, Techniques

L’arthrite regroupe plus d’une centaine de maladies caractérisées par une inflammation des articulations. Même si elles partagent des points communs, ces pathologies ont tout de même chacune leurs particularités. Le point sur les principales formes d’arthrite.

L’arthrite se veut une maladie complexe qui touche les gens de tous les âges, enfant et adulte, et ce, peu importe leur sexe, leur race ou le pays dans lequel ils habitent. Dans son sens large, l’arthrite affecte les articulations et les tissus avoisinants comme les tendons, les ligaments et les os, en provoquant une inflammation. La maladie se manifeste par des symptômes caractéristiques qui incluent, entre autres, de la douleur, de l’enflure et des raideurs articulaires, mais aussi de la fatigue.

On regroupe les différentes formes d’arthrite en deux catégories, soit l’arthrose et l’arthrite inflammatoire. En voici les grandes lignes.

L’arthrose

On la connaît aussi sous le terme « arthrite dégénérative ». Il s’agit de la forme d’arthrite la plus courante dans la population. Chez les personnes qui souffrent d’arthrose, le corps devient incapable de réparer le cartilage endommagé ou usé. Avec le temps, les os en viennent à se frotter les uns contre les autres, entraînant l’apparition de douleur, de raideur, d’enflure et, éventuellement, une diminution de l’amplitude de mouvement dans les articulations touchées.

Bien qu’elle puisse affecter n’importe quelle articulation du corps, l’arthrose touche le plus souvent les genoux, les hanches, les mains et la colonne vertébrale. Une fracture ou une blessure articulaire antérieure, des antécédents familiaux, un surplus de poids et l’âge sont quelques-uns des facteurs de risque associés au développement de l’arthrose.

Il faut savoir que l’évolution de la maladie est généralement lente et s’échelonne sur des mois, voire des années. Au début, les symptômes sont légers et intermittents. On parle par exemple de raideurs articulaires présentes surtout le matin et qui disparaissent en moins de 30 minutes après le lever.

Avec le temps, les articulations sollicitées peuvent devenir douloureuses en cours de journée et le repos vient à ne plus offrir de soulagement. Une inflammation causée par l’accumulation de liquide dans l’articulation peut parfois s’installer. Dans certains cas, les articulations touchées se déforment ou se mettent à craquer, un craquement caractéristique appelé crépitation articulaire. Éventuellement, les symptômes sont présents de manière continue. En fait, plus l’arthrose évolue, plus la douleur s’intensifie et plus les mouvements deviennent difficiles.

Contrairement à la croyance populaire, le fait de solliciter les articulations contribue à soulager les symptômes de l’arthrose. Dans ce contexte, les personnes qui en souffrent gagneront à demeurer actives physiquement. Un programme d’exercices physiques adapté et développé par un professionnel compétent permettra par exemple de soulager la douleur, de diminuer les raideurs, de renforcer les muscles à proximité de l’articulation touchée et d’augmenter l’afflux sanguin s’y rendant afin de favoriser la régénération naturelle du cartilage.

L’arthrite inflammatoire

Comme son nom l’indique, l’arthrite inflammatoire est associée à une inflammation des articulations et des tissus avoisinants. Elle regroupe plusieurs types d’arthrite comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante et l’arthrite psoriasique.

Le plus souvent, il s’agit de maladies auto-immunes dans lesquelles le système immunitaire attaque les tissus sains de l’organisme, ici les articulations. S’ensuit une inflammation de la zone attaquée qui, si elle n’est pas contrôlée, peut entraîner des dommages et des lésions permanentes aux tissus articulaires, une perte de mobilité et même une invalidité.

Les symptômes de l’arthrite inflammatoire incluent de la douleur, de l’enflure et des raideurs articulaires, lesquelles sont causées par l’inflammation présente dans l’articulation. Une diminution de l’amplitude de mouvement, de la fatigue, une perte de poids et de la fièvre sont d’autres manifestations fréquentes de l’arthrite inflammatoire.

Le nombre d’articulations touchées et leur localisation dans le corps varieront en fonction de la forme d’arthrite diagnostiquée (voir tableau 1). Il est à noter que l’arthrite inflammatoire peut toucher d’autres tissus, par exemple le cœur, la peau, les yeux ou les poumons.

La douleur chez la personne arthritique

Chez ceux et celles qui souffrent d’arthrite, la douleur est souvent présente sur une base chronique. Elle peut cependant fluctuer dans le temps, changeant d’endroit, d’intensité ou de forme selon le moment de la journée ou de l’année, au gré des crises inflammatoires ou en fonction de l’état de la personne.

Malgré tout, la douleur suit un cycle influencé par cinq facteurs : la maladie elle-même, les tensions musculaires, le stress psychologique, la fatigue et la dépression ou autres émotions négatives vécues par la personne. Un débalancement de l’un de ces facteurs peut donc avoir comme effet d’accentuer ou de diminuer la douleur ressentie par l’individu.

On sait également que les personnes qui souffrent de douleur chronique sont susceptibles de présenter une sensibilisation à la douleur, c’est-à-dire une interprétation erronée de la douleur par le système nerveux. C’est comme si le fait que la douleur soit ressentie en permanence amenait le système nerveux à régler le seuil de la douleur différemment. Dans ce contexte, un stimulus qui se veut non douloureux, par exemple un toucher léger, pourrait être ressenti comme une douleur intense par la personne arthritique.

Les répercussions de l’arthrite

C’est un fait : l’arthrite fait mal. Elle provoque de l’inflammation et de la douleur, souvent chroniques, qui s’avèrent difficiles à gérer au quotidien. Avec le temps, des incapacités peuvent apparaître et des deuils doivent être traversés. Bref, la vie change et la personne doit s’adapter à sa nouvelle réalité.

Il va sans dire que l’arthrite affecte la personne sur tous les plans : physique, émotif, psychologique, même financier. Les répercussions de la maladie, peu importe sa forme, vont donc au-delà de la douleur physique. Dans son Rapport national sur la place de l’arthrite au Canada – ACREU(1), la Société de l’arthrite fait état de la réalité des personnes arthritiques, lesquelles sont plus susceptibles que le reste de la population canadienne :

  • de présenter un trouble de santé mentale comme l’anxiété ;
  • de présenter des symptômes de dépression, au moins modérés ;
  • de rencontrer des difficultés lorsqu’ils vaquent à leurs occupations quotidiennes ;
  • de ne plus travailler.

Afin de limiter le plus possible l’impact de l’arthrite dans la vie de ceux et celles qui en souffrent, une prise en charge adaptée et personnalisée s’avère donc essentielle.

RÉFÉRENCE
1 Badley, E. M. et coll. pour la Société de l’arthrite (2018). Rapport national sur la place de l’arthrite au Canada. [PDF] Repéré à https://arthrite.ca/getmedia/a33baa13-b11c-4300-93a3-48e0cda5d43e/La-place-arthrite-au-Canada_Rapport-national_Aout2018_Finale.pdf

 

Rédaction ❚ KATIA VERMETTE, rédactrice agréée

katiavermette@hotmail.com