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Certaines professions font l’objet de mythes et préjugés tenaces. Encore aujourd’hui, le massothérapeute et la massothérapie y font face plus souvent qu’à leur tour. Quels sont les mythes les plus courants ? Quelle est la réalité correspondant à chacun de ces mythes ? Qu’en est-il de la massothérapie fondée sur les données probantes et comment aborder la question avec les clients?

Mythes courants et réalités

Mythe : la massothérapie est réglementée au Québec.

Réalité : c’est faux. Actuellement, la profession n’est pas réglementée au Québec. Cependant, la FQM prend fait et milite pour la création d’un ordre professionnel. En effet, elle est la seule association provinciale de massothérapeutes ayant obtenu la certification ISO 9001:2015 délivrée par le Bureau de normalisation du Québec. De plus, la FQM procède à des inspections professionnelles afin d’assurer le respect des normes, standards et règlements et a mis en place un syndic et une procédure disciplinaire complète auquel le public peut avoir recours. Par ailleurs, les massothérapeutes doivent suivre une formation rigoureuse : la FQM recense les écoles accréditées et a développé un profil de compétences s’inscrivant dans un curriculum de formation cohérent. Toutes ces mesures sont mises en place par la FQM dans le but d’encadrer la pratique des massothérapeutes, la qualité de la formation et ultimement, la protection du public. 

Mythe : la massothérapie est ésotérique.

Réalité : c’est faux. La massothérapie est une discipline qui vise à prévenir les blessures, à soulager la douleur, à promouvoir la santé et l’autonomie, le tout à l’aide de techniques thérapeutiques spécifiques dans le respect des règles du Code de déontologie. Si certaines de ces techniques sont de type énergétique, telles que la polarité, le massage Amma, le massage-yoga thaïlandais ou le Tui Na, la circulation de l’énergie n’est pas de nature ésotérique.

Mythe : la massothérapie ne procure que des bienfaits superficiels, quel que soit l’état de santé.

Réalité : c’est faux. Le massage procure de multiples bienfaits documentés, à la fois sur les plans structurel, postural, fonctionnel, sensoriel, psychomoteur, psychologique et émotionnel : à ce titre, la massothérapie constitue une approche complémentaire aux autres disciplines en santé. En tant que massothérapeutes, lorsque vient le temps d’expliquer les bienfaits de la massothérapie, il est important de nuancer les propos, de ne pas faire d’affirmation non étayée, de choisir les bons mots et de respecter les limites de son champ de pratique.

La massothérapie fondée sur les données probantes

En sciences de la santé, une des principales bases de données de référence est PubMed, gérée par la National Library of Medicine aux États-Unis. Une recherche combinant les mots-clés « evidence-based » (fondé sur les données probantes) et « massage » donne 259 résultats pour les 10 dernières années. Au sommet de la pyramide des études scientifiques se situent les revues systématiques et les méta-analyses, qui présentent l’avantage de combiner, de façon très rigoureuse, pour un sujet spécifique, les résultats de dizaines, voire de centaines d’études individuelles valides et compatibles. Si elles sont très nombreuses en médecine, elles sont moins fréquentes en massothérapie.

En voici un exemple récent : Dupuy, O., Douzi, W., Theurot, D., Bosquet, L. et Dugué, B. (2018). An evidence-based approach for choosing post-exercise recovery techniques to reduce markers of muscle damage, soreness, fatigue, and inflammation: a systematic review with meta-analysis. Frontiers in Physiology. 9, 1-15.

Lire régulièrement de telles études, dans une perspective d’amélioration continue des pratiques, contribue à la fois à rester informé et à soutenir la réponse aux questions posées.

De plus, la massothérapie représente une approche complémentaire en matière de santé. C’est la raison pour laquelle, dans les messages, on gagne à inclure une mention telle que : « La massothérapie se veut une approche complémentaire qui, lorsqu’elle est adaptée à l’état de santé d’une personne et pratiquée par un massothérapeute bien formé et compétent, elle peut aider à soulager les symptômes de plusieurs maladies. Elle s’inscrit donc dans une vision d’interdisciplinarité et devrait être prodiguée en complémentarité avec d’autres disciplines en santé (médecine, physiothérapie, chiropractie, etc.). »

La combinaison de ces éléments favorise l’exercice de la responsabilité du massothérapeute en toute transparence et l’alimentation d’une relation de confiance avec sa clientèle.

Rédaction ❚ Catherine Houtekier, rédactrice et réviseure professionnelle