Massothérapie et pathologies de la peau

Une jeune femme se gratte le bras, qui démange en raison d’une maladie de peau Dossiers

Dans leur pratique, il arrive que les massothérapeutes accueillent des clients souffrant d’affections de la peau. Quelles sont les pathologies les plus fréquentes et quelles en sont les caractéristiques? Comment adapter le soin à ces conditions afin de rendre l’expérience bénéfique et sécuritaire?

Pathologies de la peau les plus fréquentes

  • L’acné est un trouble fréquent de la peau : elle concerne 20 % des Canadiens. Elle se caractérise par la présence de points noirs, de points blancs, de boutons et de kystes qui apparaissent sur le visage et le cou, mais peuvent également affecter les épaules, le dos et le haut des bras [1].
  • L’eczéma est un groupe de maladies non contagieuses causant une inflammation de la peau. On l’appelle également dermatite. La peau atteinte d’eczéma est sèche, fragile, sensible, rouge, enflée, et elle démange [1].
  • Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique qui touche 1 million de Canadiens. Il se caractérise par des « plaques rouges épaisses et d’écailles de couleur blanc argenté qui se détachent en flocons ». Il apparaît essentiellement aux coudes, aux genoux, au cuir chevelu, à la poitrine et au bas du dos.
  • La rosacée est une maladie chronique inflammatoire qui touche plus de 3 millions de Canadiens et de Canadiennes et affecte principalement la zone centrale du visage. Elle se caractérise par des rougeurs situées habituellement sur les joues, le nez, le menton et le front [1].

Ces pathologies les plus courantes se manifestent à différents degrés de gravité. Elles peuvent provoquer des répercussions physiques, notamment la douleur, esthétiques (lésions apparentes), mais également sur la qualité de vie, en raison de l’inconfort, du stress et de la stigmatisation. Pour en savoir plus sur d’autres affections cutanées, telles que le carcinome basocellulaire ou le mélanome, consulter le site de l’Association canadienne de dermatologie. Il existe également des infections d’origine virale, telles que l’herpès (Herpès simplex), le zona (Zona-Varicelle) et les verrues (virus de la famille du papillome humain), ou encore des mycoses (onychomycose ou champignon de l’ongle, pied d’athlète ou pityriasis versicolore).

Les bienfaits de la massothérapie dans les cas de pathologies de la peau

Les études sont peu nombreuses sur la question spécifique des bienfaits ou des limites de la massothérapie dans les cas d’affection de la peau. Une revue systématique publiée en 2000 — et souvent citée depuis — rapporte des effets bénéfiques du massage dans les cas d’eczéma chez l’enfant, en raison de ses bienfaits sur la réduction du stress induit par la pathologie [2].

Mais lorsque l’on cherche à mettre en lumière les bienfaits de la massothérapie sur les « conséquences » de ces pathologies, les données probantes abondent. Ainsi, le blogue de la FQM, de même que Le Massager, ont consacré plusieurs articles à la douleur et au stress qui citent des études. En outre, le stress fait non seulement partie des conséquences, mais également des facteurs déclencheurs de plusieurs pathologies. Les bienfaits s’appliqueraient donc aussi bien en amont qu’en aval.

Un massage adapté, des précautions à prendre

En 2005, Le Massager a consacré tout un dossier à la question [3]. Les principes qui suivent synthétisent les propos consignés dans ce dossier, issus de la collaboration entre trois massothérapeutes et un dermatologue expert-conseil.

  • Le questionnaire santé constitue le moment privilégié de recueillir toute l’information relative à la condition de santé de la personne cliente et de s’enquérir d’éventuelles allergies.
  • La qualité de l’accueil et de l’écoute par le ou la massothérapeute ainsi que la relation de confiance qui s’établit, aident la personne à développer une plus grande acceptation et une meilleure estime d’elle-même.
  • Même si ce rappel semble superflu en 2022, le lavage des mains constitue en tout temps la base en matière de prévention des infections.
  • En cas d’acné, éviter de masser les zones atteintes et d’utiliser un produit gras susceptible de boucher les pores, même en l’absence de lésions.
  • En cas d’eczéma ou de dermatite, éviter de masser les régions infectées ou éraflées. Par ailleurs, il convient d’utiliser une huile ou une lotion non parfumée et non irritante.
  • En cas de psoriasis, la présence de lésions constitue une contre-indication générale au massage.
  • En cas d’herpès, le massage local est contre-indiqué, le virus se transmettant par contact direct.
  • En cas de zona, le massage en soi est totalement contre-indiqué pendant la crise.
  • En cas de verrue, la couvrir durant le soin pour éviter la contagion et éviter les contacts avec la zone infectée.
  • Enfin, en cas de mycose, éviter les grands effleurages susceptibles d’accrocher les zones infectées par inadvertance.
  • Lors du soin, le ou la massothérapeute pourrait également détecter une anomalie cutanée non signalée, car non connue, par le client ou la cliente : il est alors recommandé d’en signaler la présence en suggérant de consulter un professionnel de la santé.

De façon générale, il est nécessaire de porter attention à l’usage d’huiles essentielles potentiellement dermocaustiques, allergènes ou photosensibilisantes. Pour réduire le risque d’allergies, il est préférable de choisir des produits simples, neutres et sans parfum, de bien en connaître les ingrédients, et de rester attentif à tout signe de réaction cutanée.

Le même principe s’applique aux produits utilisés pour laver les draps et les serviettes, qui pourraient provoquer une dermatite de contact chez une personne sensible. Les produits les plus naturels possibles, alliés à un double rinçage pour enlever le maximum de résidus de savon, représentent un choix judicieux.

En résumé

Le ou la massothérapeute doit connaître les pathologies de la peau les plus courantes, leurs manifestations et les précautions qui s’imposent, être à l’écoute et poser les bonnes questions lors du questionnaire santé, accorder une attention visuelle aux lésions lors du soin, utiliser des produits exempts d’allergènes et orienter le client ou la cliente, si nécessaire, vers un professionnel de la santé.

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Références

[1] Association canadienne de dermatologie. Les affections cutanées en chiffres. https://dermatology.ca/fr/patients-et-grand-public/peau/affections-cutanees/

[2] Hoare, C., Li Wan Po, A., et Williams, H. (2000). Systematic review of treatments for atopic eczemaHealth technology assessment4(37), 1-191.

[3] Guérin, M. (2005). Maladies de la peau et massothérapie : [dossier]. Le Massager, 21(4).

 Rédaction : Catherine Houtekier, rédactrice agréée et réviseure

Note du rédacteur en chef : La version de cet article a été légèrement modifiée afin de mettre à jour certaines informations pouvant porter à confusion.