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Gilles Crête est devenu massothérapeute en 1982, à l’âge de 36 ans. Depuis lors, la philosophie du Shiatsu est devenue un mode de vie qui l’anime encore aujourd’hui.

Racontez-nous votre histoire, votre parcours.

Gilles Crête: À partir de l’âge de 18 ans, j’ai œuvré pendant 18 ans dans le domaine de l’informatique. J’ai occupé différentes fonctions jusqu’au poste de directeur. C’est en discutant avec un collègue de travail qui suivait un cours d’introduction au Shiatsu que je me suis intéressé à cette approche. Je l’appelais d’emblée « piatsu », car elle faisait référence autant au travail des pieds qu’à celui des pouces. J’ai suivi le cours d’introduction par curiosité et j’ai poursuivi au niveau 2. Cela a éveillé un contact avec mon Être, m’a amené à me poser des questions et ultimement, à changer de domaine. J’ai alors suivi des formations en Shiatsu, incluant celle de Wataru Ohashi, ce qui m’a mené vers la pratique et l’enseignement de cette approche.

J’ai fondé ma propre école, L’Harmonie du Jardin Oriental, à Longueuil et bâti en l’espace de cinq ans une formation de 1 000 heures en Shiatsu-thérapie. Mon école fut reconnue par les deux paliers de gouvernement. En 2000, tout en poursuivant ma carrière en Shiatsu, je suis retourné sur les bancs d’école pour faire un certificat en planification financière, car je pense que l’être humain peut développer ses capacités dans plusieurs domaines. En 2010, j’ai cependant décidé de me consacrer à nouveau au Shiatsu. Bien que j’ai cessé de donner les formations de 1 000 heures, j’ai poursuivi mon enseignement en donnant de la formation continue en shiatsu: femmes enceintes, enfants de 7 ans et plus, personnes en phase terminale et bien d’autres encore.

Comment décririez-vous la technique du massage Shiatsu ? Quelles en sont les particularités ?

Gilles Crête: Plutôt que de technique, je préfère parler de Shiatsu-thérapie, ou de Shiatsu thérapeutique. Cette approche permet à la personne de reconnaître ses propres malaises, ce qui favorise le contact et la conscience avec elle-même, afin de retrouver et d’augmenter son bien-être et sa santé globale. Autrement dit, les personnes découvrent qu’elles ont les capacités de recouvrer leur autonomie quant à leur santé.

Quel rôle avez-vous joué dans le développement de cette approche ?

Gilles Crête: J’ai formé 500 thérapeutes au cours de ma carrière, au sein de ma propre école, mais également lorsque je suis allé rencontrer des enseignants et partager mon expérience dans d’autres écoles : Kikaï à Chicoutimi, Centre Hito puis Guijek, à Montréal.

Dans mon enseignement, le développement de l’Être domine : le thérapeute apprend à mieux se connaître durant la formation, en vivant tout le processus de l’approche, afin d’être en mesure d’offrir cette même approche au client. Il a d’ailleurs été question de cette expérience dans l’ouvrage Guide des médecines douces et autres pratiques, de Micheline Blais (Stanké, 1991).

Pourquoi êtes-vous passionné par cette approche ? Par la massothérapie de façon générale ?

Gilles Crête: La Shiatsu-thérapie agit sur les quatre niveaux de l’Être: physique, émotionnel, mental ainsi que les croyances. Cela touche donc toutes les sphères de la vie. Grâce à cette approche, on apprend à accueillir qui nous sommes et à se responsabiliser face à ses choix. Par ailleurs, en massothérapie, il y a de la place pour toutes les approches et chaque individu doit se laisser guider vers celle qui lui convient.

Quels sont les trois conseils que vous donneriez à une personne qui s’apprête à pratiquer la même profession que vous ?

Gilles Crête:Je préfère donner des suggestions que des conseils, afin de laisser la personne libre de ses choix. Alors, je suggérerais tout d’abord à cette personne de se poser cette question : « Pourquoi est-ce que je veux me diriger vers le Shiatsu thérapeutique ? » Ensuite, je lui suggérerais de s’informer sur deux autres disciplines afin de bien cerner les différences. Enfin, je l’inviterais à suivre son cœur.

Aujourd’hui, Gilles Crête est en pause de massothérapie et d’enseignement. Mais ce septuagénaire passionné a de beaux projets en tête. Nous nous sommes laissé dire que l’un d’eux concernerait les personnes âgées.

Rédaction ❚ Catherine Houtekier, rédactrice et réviseure professionnelle