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Les opioïdes sont souvent prescrits en première intention pour soulager la douleur. Pourtant, le recours à ces médicaments n’est pas la seule option lorsqu’on a mal.

Les opioïdes sont des médicaments prescrits pour soulager la douleur aiguë ou chronique. La morphine et le fentanyl sont probablement les mieux connus. On classe également la codéine, l’oxycodone et l’hydromorphone parmi les opioïdes.

Lorsqu’ils sont bien utilisés, les opioïdes ont un effet analgésique très efficace. Cependant, un usage inapproprié ou prolongé peut amener la personne à développer une tolérance et, dans certains cas, une dépendance pouvant éventuellement mener à une surdose et même au décès.

Au cours des dernières années, la prescription d’opioïdes pour soulager la douleur a bondi dans plusieurs pays, dont le Canada. L’arrivée sur le marché de nouveaux opioïdes n’est pas étrangère à cette hausse. Cela dit, les conséquences d’une utilisation croissante de ces analgésiques sont dévastatrices et, aujourd’hui, l’Amérique du Nord fait face à une crise sans précédent :

  • Pas moins de 2 000 Canadiens ont perdu la vie à la suite d’une surdose d’opioïdes au cours des six premiers mois de l’année 2018.
  • Aux États-Unis, la crise a fait chuter l’espérance de vie en 2015 et en 2016, du jamais vu depuis l’épidémie de VIH/SIDA des années 1990.
  • On observe aujourd’hui un ralentissement de l’augmentation de l’espérance de vie des Canadiens associé à la crise des opioïdes.

Dans ce contexte, le recours à des solutions complémentaires ou de remplacement aux opioïdes dans le soulagement de la douleur s’impose afin de freiner, voire contrer la crise actuelle. Et, parmi les solutions envisagées, on retrouve la massothérapie.

Réduire ou prévenir le recours aux opioïdes grâce au massage

On reconnaît depuis longtemps l’efficacité de la massothérapie dans le soulagement de la douleur. Mais saviez-vous que si l’approche était intégrée aux soins de première ligne[1], elle pourrait réduire ou même prévenir le recours aux opioïdes chez les personnes vivant avec de la douleur? C’est du moins ce qu’a démontré l’American Massage Therapy Association (AMTA) dans une analyse sur le sujet.

Les résultats de l’étude sont pour le moins encourageants. En effet, l’intégration de la massothérapie en tant qu’outil de gestion de la douleur chez les clientèles en douleur chronique permettrait :

  • D’engendrer des économies substantielles dans les soins de santé aux États-Unis (on parle de plus ou moins 25,99 milliards de dollars par année).
  • De diminuer considérablement le taux de dépendance aux opioïdes pour ces clientèles, et donc le risque de surdose et le nombre de décès. Plus précisément, l’intégration de la massothérapie pourrait éviter à quelque 111 137 Américains par année une dépendance aux opioïdes.

Intégrer la massothérapie au continuum de soins de santé

Dans plusieurs centres hospitaliers aux États-Unis, la gestion de la douleur chronique inclut maintenant le recours à la massothérapie. Ainsi, les massothérapeutes sont considérés comme des membres à part entière des équipes de soins. Ils travaillent en collaboration avec les autres professionnels de la santé dans le but d’atteindre les objectifs communs pour un patient donné.

Dans ce contexte, la gestion de la douleur est donc optimale. En effet, chaque professionnel de la santé, incluant les massothérapeutes, évolue dans les limites de son champ d’exercice, en complémentarité de la pratique des autres membres de l’équipe soignante. Les approches et les outils, dont les médicaments opioïdes, sont ciblés en fonction des besoins de la personne et des objectifs de traitement, ce qui maximise les résultats chez le patient.

Évidemment, la massothérapie n’est pas la seule solution à la crise des opioïdes ni à la douleur chronique. En effet, la réponse au massage sera différente selon le patient et la maladie dont il souffre. Toutefois, la massothérapie* fait certes partie d’une approche intégrée en gestion de la douleur.

* La massothérapie se veut une approche complémentaire qui, lorsqu’elle est adaptée à l’état de santé d’une personne et pratiquée par un massothérapeute bien formé et compétent, peut contribuer à la prise en charge de plusieurs pathologies, dont la douleur chronique. La massothérapie ne remplace pas un traitement médical, mais s’inscrit dans une vision d’interdisciplinarité et devrait être prodiguée en complémentarité d’autres disciplines en santé (médecine, soins infirmiers, physiothérapie, chiropractie, etc.).

Pour aller plus loin 

[1] Les soins de première ligne constituent le premier point de contact d’une personne avec le système de santé (ex. : pharmacie, hôpital, clinique d’urgence, etc.).

 

Rédaction ❚ KATIA VERMETTE, réd. a.