Le massage pour développer la bienveillance envers soi-même

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Annie Levesque vit avec une forme d’arthrite inflammatoire. Au cours des dernières années, elle a eu la chance de bénéficier de soins de massothérapie gratuits grâce au programme Aide entrAide de la Société de l’arthrite et à la Fondation de la massothérapie. Elle nous explique ce que le massage adapté à sa condition lui a apporté.

À 32 ans, Annie Levesque avait une vie de rêve. Elle poursuivait une carrière de gestionnaire qui la passionnait et venait d’accoucher de son deuxième enfant.

Tout doucement, des douleurs se sont installées. « On fait comme si de rien n’était, on ne s’écoute pas trop, on pousse la machine au maximum », explique la jeune maman. Un jour, la douleur devient insupportable, le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde tombe, et la vie bascule…

C’était il y a près de dix ans.

Depuis, les deuils se sont succédé et la fatigue s’est installée. Il faut dire qu’en plus de la polyarthrite rhumatoïde, Annie est atteinte de dysplasie spondylo-épiphysaire, une maladie génétique qui provoque chez elle de l’arthrose sévère et une usure prématurée des articulations, particulièrement au niveau de la nuque, des coudes et des hanches. La douleur ne laisse donc aucun répit à Annie. Il y a trois ans, son moral a flanché et elle a fait une dépression.

Des histoires comme celle d’Annie, Manon Cloutier en entend régulièrement. Elle travaille à la Société de l’arthrite, où elle coordonne le programme Aide entrAide, qui propose des outils aux personnes et aux familles d’enfants ayant reçu un diagnostic d’arthrite afin de les aider à mieux gérer leur maladie.

C’est dans le cadre de ce programme que Manon et Annie ont fait connaissance. Annie avait cogné aux portes de la Société de l’arthrite après sa dépression, afin de s’entourer de ressources qui pourraient l’aider à maintenir un équilibre physique et mental, et à mieux contrôler sa douleur.

Parmi les services auxquels Annie a eu accès avec le programme Aide entrAide, il y a eu des soins massothérapie adaptés, offerts gratuitement grâce à un partenariat avec la Fondation de la massothérapie. « Ces soins furent pour moi une révélation, dans le sens où j’ai enfin pu ressentir un soulagement de la douleur et des raideurs, témoigne Annie. Le massage a également calmé le côté mental. Ça m’a permis de mettre de côté la douleur, du moins temporairement. »

Au début, Annie recevait des massages adaptés à sa condition toutes les semaines, puis toutes les deux semaines et tous les mois. Il faut dire que lors des séances de massothérapie, des techniques d’automassage étaient abordées. Annie n’a pas hésité à les mettre en pratique dans son quotidien, ce qui fait qu’elle a pu espacer graduellement les séances. Aujourd’hui, elle prend rendez-vous avec sa massothérapeute seulement lorsqu’elle en ressent le besoin, qu’elle a de la difficulté à se retrouver, qu’elle perd ses repères.

Quand on lui demande ce que lui a apporté la massothérapie, Annie répond sans hésiter « la bienveillance envers moi-même ». Celle qui avait la fâcheuse habitude de ne pas penser à elle a appris, grâce à la massothérapie, à s’écouter.

Cette révélation ne surprend pas Manon Cloutier, qui a pu constater à maintes reprises les répercussions positives de la massothérapie chez les personnes souffrant d’arthrite. « La massothérapie apporte beaucoup d’espoir aux gens, souligne-t-elle, surtout quand ça fait longtemps qu’ils sont coincés dans une spirale de douleur. »  

En d’autres mots, le massage amène un répit bien mérité, une bienveillance qui, parfois, est tout ce qu’il faut pour continuer…

Rédaction ❚ KATIA VERMETTE, rédactrice agréée

katiavermette@hotmail.com