LA PRISE EN CHARGE DES MAUX DE TÊTE

La thérapie cranio-sacrée Dossiers, Techniques

Une affaire de collaboration et d’interdisciplinarité

LA GESTION DES MAUX DE TÊTE N’EST PAS TOUJOURS CHOSE AISÉE. MÊME S’IL EST POSSIBLE DE SOULAGER UNE CÉPHALÉE DE TENSION AVEC UN COMPRIMÉ D’ACÉTAMINOPHÈNE, LE CONTRÔLE DES CRISES DE MIGRAINE PEUT RAPIDEMENT DEVENIR COMPLEXE ET FAIRE INTERVENIR PLUSIEURS PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ AUX CHAMPS D’EXPERTISE COMPLÉMENTAIRES. VOICI QUELQUES INFORMATIONS QUI VOUS AIDERONT À MIEUX DIRIGER VOS CLIENTS EN CAS DE BESOIN.

MISER SUR DE SAINES HABITUDES DE VIE

Les individus qui souffrent de maux de tête, et particulièrement les migraineux, ont un cerveau hypersensible aux variations perçues dans le corps et dans l’environnement. Dans ce contexte, l’instauration d’une routine de vie favorisera une meilleure gestion des céphalées et des migraines, notamment en ce qui concerne la fréquence d’apparition et la durée des crises.

Voici quelques habitudes à encourager chez la personne sujette aux maux de tête :

Adopter une bonne hygiène de sommeil (dormir à des heures régulières, éviter de faire des siestes) ;

Apprendre à gérer son stress (il n’est pas rare d’observer des migraines « de fin de semaine » qui apparaissent lorsque le stress diminue le vendredi !) ;

Adopter une bonne posture, notamment lorsqu’on travaille de longues périodes à l’ordinateur ;

Maintenir un poids santé (l’obésité constitue un facteur de chronicité pour la migraine) ;

Identifier les éléments déclencheurs des maux de tête.

ATTENTION À L’ALIMENTATION !

Au cours des dernières années, la consommation de certains aliments a été associée au déclenchement de crises de migraine (voir tableau 1). « En fait, ce ne sont pas les aliments en soi qui provoquent des migraines, mais plutôt des substances spécifiques qu’ils contiennent », explique Emmanuelle Dubuc-Fortin, nutritionniste chez Extenso.

On ne sait pas comment ces substances en viennent à déclencher des migraines, mais on croit qu’elles pourraient agir sur la dilatation et la contraction des vaisseaux sanguins, ce qui serait parfois suffisant pour entraîner l’apparition d’un mal de tête.

« Beaucoup d’aliments peuvent déclencher des crises de migraine et ces aliments peuvent être différents d’une personne à l’autre », précise la nutritionniste. La quantité consommée pourrait aussi avoir un effet chez certains individus. L’objectif est donc d’identifier ces aliments déclencheurs afin de diminuer la fréquence et l’intensité des crises.

La nutritionniste insiste également sur l’adoption de saines habitudes alimentaires afin de maximiser la prise en charge des migraines. En plus de bien s’hydrater et de limiter sa consommation de caféine et d’alcool, madame Dubuc-Fortin recommande de manger à des heures régulières et d’éviter de sauter des repas.

QUAND LA CONSULTATION D’UN MÉDECIN S’IMPOSE

Il est possible que l’adoption de saines habitudes de vie ne suffise pas à soulager la personne aux prises avec des maux de tête. Dans ce cas, la consultation de professionnels de la santé s’avérera alors nécessaire afin de bien prendre en charge la condition de santé.

« Le médecin de famille se veut le pivot de la prise en charge des maux de tête », précise Dre Eghtesadi. Il établira d’abord le diagnostic et prescrira au besoin un traitement pharmacologique. Le médecin de famille sera également celui qui dirigera les patients vers un médecin spécialisé en maux de tête ou vers un neurologue, au besoin.

LA GESTION DE LA MÉDICATION PAR LE PHARMACIEN

Les pharmaciens sont régulièrement consultés pour des maux de tête. « La médication sera variable selon le type de mal de tête dont souffre la personne », explique Philippe De Grandpré, pharmacien spécialisé en douleur chronique. Dans le cas de céphalées de tension, et parfois pour les migraines, la prise de médicaments en vente libre (acétaminophène, ibuprofène) sera suffisante. Lorsque ce n’est pas le cas, des médicaments sous ordonnance pourront être prescrits par le médecin.

On reconnaît deux grandes catégories de traitements pharmacologiques dans la prise en charge des maux de tête (voir tableau 2). Les premiers, les médicaments abortifs, seront utilisés pour calmer la douleur liée aux céphalées. Afin de maximiser les chances de soulagement, ces médicaments devraient être pris tôt au début de la céphalée, idéalement dans les premières 20 à 60 minutes de la crise. Les seconds, les médicaments prophylactiques, seront prescrits en prévention dans le but de diminuer la fréquence et l’intensité des crises, la plupart du temps de migraine.

« Depuis 2015 avec l’arrivée de la Loi 41, le pharmacien peut ajuster le traitement prophylactique du patient », précise Philippe De Grandpré. Ainsi, avec l’accord du médecin, le pharmacien peut maintenant évaluer l’efficacité du traitement prescrit pour les migraines, en ajuster les doses pour en arriver à une dose efficace avec le moins d’effets secondaires possible pour le patient, et même changer la médication à la suite d’une discussion avec le médecin. « Un patient pourrait ne pas répondre à certains médicaments. Lorsque le traitement ne fonctionne pas, le pharmacien peut alors proposer au médecin de modifier la thérapie médicamenteuse afin d’assurer un soulagement efficace de la migraine. »

VERS DES APPROCHES COMPLÉMENTAIRES

Il n’y a malheureusement pas de recette thérapeutique universelle dans la prise en charge des maux de tête. Certains individus répondront à des changements aux habitudes de vie, d’autres à la médication. D’autres encore auront besoin d’une combinaison de plusieurs approche convention-nelles et complémentaires afin de gérer les crises de douleur.

Parce que des tensions musculaires sont souvent associées aux maux de tête, le médecin pourrait cependant diriger son patient vers d’autres intervenants, par exemple les physiothérapeutes, les kinésiologues ou les acupuncteurs. Par sa vision holiste et ses effets démontrés notamment sur le stress et les tensions musculaires, la massothérapie se veut elle aussi une approche complémentaire intéressante en présence de céphalées. Dans tous les cas, la prise en charge se doit d’être individualisée. Elle dépendra de la personne et de ses préférences !

Rédaction ❚ KATIA VERMETTE, rédactrice agréée

katiavermette@hotmail.com