Le Massager

OÙ EN EST LA RECHERCHE ?

L’ÉTAT DE STRESS POST-TRAUMATIQUE EST L’UNE DES CONSÉQUENCES LES PLUS IMPORTANTES DE L’AGRESSION SEXUELLE. PARMI LES TRAITEMENTS RECONNUS POUR SOULAGER SES SYMPTÔMES, LA PSYCHOTHÉRAPIE ET LA MÉDICATION ONT FAIT LEURS PREUVES. QU’EN EST-IL DE LA MASSOTHÉRAPIE ?

L’Institut universitaire en santé mentale de Montréal définit l’état de stress post-traumatique comme un « état qui se caractérise par le développement de symptômes spécifiques faisant suite à l’exposition à un événement traumatique ». Parmi les traumatismes pouvant amener un tel état chez un individu, on retrouve par exemple les menaces de mort, les blessures graves et les agressions sexuelles.

On reconnaît l’état de stress post-traumatique par ses symptômes(1). La personne qui en souffre revit sans cesse l’événement traumatisant, que ce soit en rêve ou en pensée, elle est constamment dans un état d’hypervigilance et elle tend à éviter tout ce qui lui rappelle son traumatisme. Plusieurs ont aussi l’impression que leur corps et leur esprit sont dissociés, qu’ils ne fonctionnent plus en un tout.

Au cours des dernières années, des études ont mis en lumière le potentiel de la massothérapie* dans le soulagement des symptômes d’un état de stress post-traumatique. En 2016, l’American Massage Therapy Association présentait un dossier sur le sujet, dans lequel étaient exposés les effets du massage chez la personne en état de stress post-traumatique : diminution du stress et de l’anxiété, soulagement de la détresse physique et des symptômes psychologiques liés à l’événement traumatisant, meilleure cohérence entre le corps et l’esprit(2).

Les effets de la massothérapie seraient également observables spécifiquement chez les victimes d’agressions sexuelles. C’est ce que conclut une étude publiée en 2005 par Cynthia Price, massothérapeute et professeure de recherche à l’Université de Washington. Dans le cadre de cette étude, 24 femmes suivies en psychothérapie pour des abus sexuels pendant l’enfance ont reçu des séances de massothérapie ou encore une thérapie corporelle incluant des massages et des exercices de conscience corporelle et de méditation/midfulness. À la fin de l’étude, les participantes des deux groupes affirmaient avoir atteint un plus grand bien-être psychologique et physique, et avaient l’impression d’être davantage connectées avec leur corps.

Évidemment, des recherches plus poussées sont nécessaires pour confirmer l’effet du massage chez les victimes d’agressions sexuelles, qu’elles présentent ou non un état de stress post-traumatique. Les données préliminaires sont cependant très encourageantes.

* La massothérapie se veut une approche complémentaire qui, lorsqu’elle est adaptée à l’état de santé d’une personne et pratiquée par un massothérapeute bien formé et compétent, peut aider à soulager les symptômes de plusieurs maladies. Elle s’inscrit donc dans une vision d’interdisciplinarité et devrait être prodiguée en complémentarité des autres disciplines en santé (médecine, soins infirmiers, physiothérapie, chiropractie, etc.).

RÉFÉRENCES
(1) Institut universitaire en santé mentale de Montréal. (2018). État de stress post-traumatique (ESPT). Repéré à http://www.iusmm.ca/hopital/usagers-/-famille/info-sur-la-sante-mentale/etat-de-stress-post-traumatique.html#strategie
(2) McCafferty, Ian. (2016). In safe hands: Massage & PTSD. American Massage Therapy Association. Repéré à https://www.amtamassage.org/articles/3/MTJ/detail/3484/in-safe-hands-massage-ptsd

Rédaction ❚ KATIA VERMETTE