Sylvie Bédard

Depuis la naissance de la FQM en 1979, la massothérapie a grandement évolué. Alors qu’on la considérait jadis comme un soin de bien-être, la discipline va aujourd’hui bien au-delà de la détente. Soulagement de la douleur chronique, diminution de la fatigue et de l’anxiété chez la personne vivant avec un cancer, stimulation du système immunitaire, les bienfaits de la massothérapie sont maintenant démontrés scientifiquement[1].

En 2017, le champ d’application de la massothérapie, sa valeur et son efficacité sont mieux connus que jamais du grand public, des professionnels de la santé et des assureurs. Ainsi, petit à petit, la discipline trace son chemin dans le continuum de soins de santé au Québec.

Dans notre désir de faire reconnaître la massothérapie en tant que soin de santé comme c’est le cas en Ontario, nous avons finalisé récemment la rédaction d’un document de recherche intitulé Massothérapie et santé publique — Valeur et efficacité de la massothérapie intégrée à l’offre de soins de santé au Québec (soins couverts par les régimes public et privés).

Notre recherche est basée sur une étude américaine publiée par l’American Massage Therapy Association. Dans le document, nous faisons la preuve que l’intégration de la massothérapie au continuum de soins de santé au Québec a le potentiel de générer une économie de coûts substantielle, et ce, pour les systèmes de santé public et privés.

Une nouvelle ère pour la massothérapie

Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère en santé au Québec. On parle de plus en plus de médecine intégrative, voire de santé intégrative. L’Université McGill l’a confirmé à l’été 2016, lors de ses 40 ans de médecine de famille. Pour l’occasion, le campus montréalais a organisé plusieurs événements, dont un symposium sur la santé complémentaire qui visait à faire le point sur la formation et la recherche en santé complémentaire et en médecine intégrative. Lors de l’événement, plusieurs universités canadiennes, mais aussi américaines, sont venues proposer leurs modèles de médecine intégrative, en présentant les obstacles rencontrés et les pistes de solution envisagées pour l’avenir.

Récemment, le CHUM démontrait, lui aussi, une très belle ouverture envers la profession de massothérapeute. Désirant miser sur l’interdisciplinarité, le centre hospitalier envisage d’ouvrir prochainement ses portes à la massothérapie en tant que soin complémentaire.

Les enjeux de la reconnaissance de la profession

La valeur et l’efficacité de la massothérapie en santé sont maintenant connues. Mais l’intégration de la discipline au continuum de soins de santé soulève des enjeux sur plusieurs plans, notamment en ce qui concerne l’encadrement des massothérapeutes, la qualité de la formation et, ce faisant, la protection du public.

Dans un mémoire déposé à l’Office des professions en 2016, nous avons démontré le risque de préjudices graves associé à la pratique de la massothérapie. Afin de limiter ce risque et ainsi assurer la protection du public, la massothérapie doit être pratiquée par des professionnels compétents, qui prodiguent des soins de qualité et qui adoptent un comportement éthique.

Ainsi, nous sommes d’avis que l’intégration de la massothérapie aux soins de santé a pour corollaire son encadrement, afin de gagner la confiance des autres professionnels de la santé et garantir au public des soins sécuritaires et de qualité.

La vision de la FQM est celle de la professionnalisation de la massothérapie. Pour y arriver, nous misons sur une formation solide et encadrée, et travaillons à positionner la massothérapie en tant que soin de santé. 

Il est donc impératif de saisir le momentum, afin que les compétences des massothérapeutes soient reconnues et, surtout, que le public soit protégé.


[1] Fédération québécoise des massothérapeutes. (Avril 2017). Massothérapie et santé publique : Valeur et efficacité de la massothérapie intégrée à l’offre de soins de santé au Québec (soins couverts par les régimes public et privés).