Journée mondiale de la santé : la massothérapie comme innovation

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Le 7 avril marquait la Journée mondiale de la santé. Fondée il y a 75 ans, l’OMS appelle aux innovations pour surmonter les défis actuels.

Créée en 1979, notre Fédération québécoise des massothérapeutes agréés travaille à faire reconnaître la profession. Aujourd’hui, l’on dénombre 15 000 à 20 000 massothérapeutes en exercice au Québec. Pourtant, la discipline demeure dans l’ombre.

Présents… sans l’être « officiellement »

Les massothérapeutes agréés travaillent en cabinet privé, dans des cliniques multidisciplinaires. Plusieurs sont aussi dans l’industrie des spas ou du tourisme.

Certains ont propulsé leurs services de massage sur chaise en entreprise d’ici à Vancouver. Différents employeurs payent des séances de massothérapie à leurs salariés, sur les lieux de travail. Une manière de montrer qu’ils se soucient de leur santé et indirectement de leur performance.

Nous faisons aussi notre part pour contrer les inégalités de santé. À travers notre Fondation de la massothérapie, nous offrons des soins aux femmes vulnérables, notamment à la Maison Bleue de Parc-Extension à Montréal.

Nos partenariats avec la Fondation québécoise du cancer, Société de l’arthrite, Association québécoise de la douleur chronique, ont procuré des milliers de séances d’accompagnement par le massage.

Au-delà d’hôpitaux bien connus tels les CHUM et CHUL, les massothérapeutes sont présents dans une cinquantaine de CHSLD, impliquant une douzaine de CI(U)SSS.

Sauf que le financement passe par des fondations (ex. Virage ou fondations d’hôpitaux) et la massothérapie est considérée comme une « gâterie ». Une gâterie fort appréciée, car les patients en redemandent. Les médecins et infirmières en sont témoins : tous constatent les bienfaits sur l’état physique, mental, émotionnel.

Les massothérapeutes devraient « officiellement » faire partie de la liste d’intervenants aux côtés des physiothérapeutes, psychologues, nutritionnistes, etc., des équipes multidisciplinaires.

Les animateurs en loisir (récréologues) sont formellement intégrés à ces équipes, à l’année. Ils sont sur le payroll… mais pas les massothérapeutes.

La valeur ajoutée de la massothérapie

Les soins personnalisés sont un avantage indéniable. Ici, pas de one size fits all où un même médicament serait prescrit pour un mal de dos ou torticolis. La massothérapie permet un contact profond, adapté à la réalité vécue.

Se rendre à domicile et travailler auprès de personnes à mobilité réduite ouvrent des portes à plusieurs clientèles, dont la gériatrie sociale. L’approche est humaine et réconfortante.

Préventif : la massothérapie réduit le stress et les tensions musculaires. Elle détend et relaxe, favorisant le bien-être. Tous s’accordent pour dire que la prévention diminue les risques de problème de santé physique et mentale.

Palliatif : la massothérapie soulage la souffrance et atténue les sensations de douleur et d’inconfort. Elle permet une meilleure récupération.

Même au sein de la communauté médicale, personne n’a jamais réellement cru que les pilules pouvaient tout accomplir.

L’idée n’est pas de mettre en concurrence les approches. 

Mais, si une massothérapie bien encadrée et intégrée aux soins permet une complémentarité face aux analgésiques, anti-inflammatoires, antidouleurs, antidépresseurs ou médicaments contre l’insomnie, pourquoi s’en priver ?

Des preuves scientifiques démontrent déjà les bienfaits de la massothérapie. Mais si une implantation plus forte avait lieu, elle devrait s’accompagner d’un volet de recherche pour assurer un suivi rigoureux.

Deux propositions concrètes aux décideurs

  1. Officialiser la présence de la massothérapie dans les soins aux patients par exemple en oncologie, post-chirurgie, accompagnement des femmes enceintes, pathologies spécifiques en santé mentale (épuisement professionnel, dépression, anxiété).
  2. Offrir des massages sur le lieu de travail des soignants, par exemple aux infirmières, pour optimiser leur santé, améliorer leur travail et leur performance, réduire la fatigue chronique, l’épuisement ou l’absentéisme.

C’est l’ensemble des approches qui contribue à l’amélioration des conditions de santé.

Les innovations d’aujourd’hui doivent considérer l’humain dans sa globalité.

Tout porte à croire que l’OMS le pense aussi.

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