Fidèle à l’héritage de ses fondateurs, la FQM a toujours conservé comme vision la professionnalisation et la reconnaissance de la massothérapie au Québec. Or, la professionnalisation exige que la massothérapie soit reconnue de niveau thérapeutique et relève du secteur de la santé. La détente constitue un point de départ, une étape dans l’évolution de la profession, mais n'est pas une finalité en soi. Par conséquent, nous croyons fermement en la création d’un ordre professionnel. Comme les massothérapeutes sont des professionnels de la santé et que la majorité des professions de la santé sont régies par un ordre professionnel, nous estimons que le milieu de la massothérapie doit se doter d’un pareil organe de règlementation. C'est pourquoi, nous avons déposé dernièrement un mémoire à cet effet au ministère de la Justice et à l’Office des professions (OPQ).
Le mémoire de la FQM est disponible ci-contre: ![]()
Au-delà de la position officielle de la FQM, il se trouve que la majorité des massothérapeutes exerçant au Québec désire obtenir une reconnaissance professionnelle en santé, laquelle passerait par un ordre professionnel, comme l’indique le sondage mené par Léger Marketing en 2010 pour le compte du Comité sectoriel de la main-d’œuvre des services de soins personnels. Réalisé auprès de 325 massothérapeutes québécois, ce sondage révélait que la non-reconnaissance officielle par les autorités gouvernementales et la non-reconnaissance par les autres professionnels de la santé sont, selon l’avis des massothérapeutes interrogés, respectivement le premier et le troisième problème auxquels ils sont confrontés dans leur pratique. À cela, ajoutons que la firme Écho Sondage a réalisé en 2011 une enquête téléphonique auprès de 803 Québécois d'âge adulte, choisis de façon aléatoire, et confirmé que pour 85 % d’entre eux, il est important que la massothérapie soit régie par un ordre professionnel.
Ainsi donc, le dépôt de notre mémoire arrive à point nommé dans la trajectoire qu’a prise la massothérapie au Québec depuis ses débuts. Jadis vue comme un soin de bien-être et de loisir, la massothérapie est maintenant reconnue parmi les soins de santé. À juste titre, des massothérapeutes prennent place au sein d’équipes pluridisciplinaires de soins en cliniques privées regroupant plusieurs disciplines (physiothérapie, ergothérapie, ostéopathie, etc.) et dans le réseau public (milieu hospitalier, centre d’hébergement, maison de fin de vie, etc.).
Or, pour la sécurité du public, il y a urgence d’encadrer cette profession au Québec. Présentement, aucune règle ne s’applique. Comme la formation n’est pas uniformisée, quiconque peut s’afficher massothérapeute sans détenir les compétences nécessaires. Ce laisser-aller ouvre la porte aux improvisateurs, aux charlatans et, pire, aux individus malintentionnés. De nombreux cas sont même criminalisés.
Par ailleurs, la création d’un ordre professionnel des massothérapeutes hisserait le Québec au niveau des normes canadiennes. En effet, l’appartenance à un ordre favorisera la mobilité des massothérapeutes québécois qui voudront faire reconnaître leur expertise à l’extérieur de la province. Car personne n’est sans ignorer que la profession dispose d’un ordre professionnel (College of Massage Therapists) en Ontario et en Colombie-Britannique depuis fort longtemps, ainsi qu’à Terre-Neuve-et-Labrador depuis une dizaine d’années. Notons également que d’autres provinces canadiennes sont aussi en voie de l’obtenir.
Enfin, pour intervenir avec la confiance accrue des autres professionnels de la santé que sont, par exemple, les oncologues, les omnipraticiens et les infirmières, et avec la confiance des patients et de leurs proches, les massothérapeutes doivent répondre aux plus hauts standards. Or, la création d’un ordre professionnel rassurera nos clients, nos patients et leurs proches en plus de faciliter l’intégration des massothérapeutes compétents et adéquatement supervisés aux autres professionnels engagés dans un plan de traitement.
Ce sont les massothérapeutes, mais surtout le grand public, en spa comme en milieu hospitalier, qui bénéficiera de l’encadrement que confère un ordre professionnel !