Site officiel de la Fédération québécoise des massothérapeutes

Le massager

 

Il y a un peu plus de huit ans, j’avais vu un reportage à la télévision française où l’on interviewait notamment des Allemands, des Australiens et des Anglais, la plupart étaient des kinésithérapeutes ou des physiothérapeutes qui s’étaient rendus en Thaïlande pour suivre des cours au Wat Po. La majorité des participants affirmaient que cette formation était rigoureuse et intéressante. Il n’en fallait pas plus pour semer chez moi cette graine de curiosité et d’aventure. Par la suite, mes lectures ont confirmé mon intérêt d’aller suivre une formation en massage thaï.

 

Je suis donc partie le 25 décembre 2011 pour suivre mon cours au Wat Po. Le Wat Po de Bangkok a trois écoles affiliées : une à Nonthaburi, une à Chiang Mai et une à Salaya. J’ai choisi celle de Chiang Mai parce qu’elle est située au nord (il fait donc moins chaud) et le fait que cette ville soit plus petite que Bangkok (la ville de Chiang Mai compte 175 000 habitants) m’a attiré.

 

Qu'est-ce que le Wat Po

En 1782, le roi Rama I restaure le Wat Po pour en faire un monastère royal de premier ordre. Après cette restauration et durant le règne de Rama I et Rama III, le Wat Po deviendra le centre des arts et de connaissance où la sagesse Thaï sur la médecine traditionnelle et les massages seront réunis pour les générations futures.  Que cela soit pour les recettes de plantes médicinales, les diagnostics et les traitements pour les problèmes courants ou les maladies chez les bébés, les écrits et les dessins sur les techniques de massage et même des statues d’ascètes vénérés y sont conservées. C’est la première université ouverte à tous.

Le massage étant la base de la médecine thaïe traditionnelle, l’école élira domicile à l’intérieur des murs du monastère en 1955. C’est la première école de médecine thaïe reconnue par le ministère de l’Éducation en Thaïlande. L’école offre quatre cours de base soit la pharmacopée thaïlandaise, la médecine thaï, la formation pour devenir sage femme et le massage. Le Wat Po est reconnu mondialement pour ses traitements et ses cours de massages traditionnels. D’ailleurs, on désigne le massage qu’y est donné comme étant le Wat Po. Considérant sa renommée, beaucoup de Thaïs et d’étrangers sont venus y suivre des formations.

 

Rigueur et réputation

Le Wat Po profite d’une excellente réputation et la rigueur de son enseignement est reconnue par tous. C’est une école de prestige. Elle est la première à être sous contrôle du ministère de l’Éducation de la Thaïlande. D’ailleurs, tous les Thaïlandais, avec lesquels j’échangeais, avaient des commentaires élogieux pour cette école. Avant la création de cette école, les Thaïs transmettaient leur savoir de génération en génération, mais bon nombre de ces connaissances sont tombées dans l’oubli. 

C’est en 1836, suite à un décret royal du roi Rama III, qu’on inscrit le massage dans l’art et la science ancienne au même titre que la pharmacopée et la médecine traditionnelle. Le Wat Po devient une sorte d’université détenant les dessins de 60 points et lignes du corps humain et un guide pour soigner des problèmes spécifiques par le massage. En 1906, le roi Rama V, par un autre décret, fait traduire les écrits de différents dialectes en thaï puis en 1962, il ouvre un cours de massage invitant des professeurs expérimentés à venir donner leur cours au Wat Po.  Dernièrement, en 1991, à la suite de conférences et séminaires avec 18 professeurs, le massage thaï est né. Il comporte dix lignes majeures et doit être facile, efficace et à la portée de tous.

Le massage est donc une affaire sérieuse au Wat Po. En Thaïlande, la population considère le massothérapeute comme le premier professionnel de la santé que l’on consulte pour ses malaises physiques. Les Thaïs n’ont pas le réflexe d’aller à l’hôpital. Dans leur bilan de santé, ils vont jusqu’à demander aux clients s’ils ont des os cassés.

Je me suis fait masser plusieurs fois en Thaïlande, et j’ai constaté que ce ne sont pas tous les massothérapeutes qui ont suivi leur cours au Wat Po. Par contre, en Thaïlande, l’enseignement des dix lignes est respecté par tous. D’après mon expérience, la grande différence entre les massothérapeutes qui sont formés au Wat Po et les autres, c’est que ceux qui ont étudié dans la prestigieuse institution possèdent une meilleure compréhension des problématiques du corps, une écoute musculaire et un désir de résoudre l’inconfort physique. Avec un massothérapeute formé au Wat Po, nous sommes en présence de professionnels et de soignants.

 

Retour à l’école

Au premier cours, les professeurs nous remettent un sac contenant un livre sur le massage thaïlandais, un cahier pour prendre des notes et des photocopies avec photos expliquant les manœuvres du massage. La communication n’est pas toujours simple, mais des connaissances sommaires en anglais suffisent à se faire comprendre.

Le premier jour, la directrice de l’école m’a désigné mon professeur pour la journée. Nous commençons la formation en étudiant les différentes photos des photocopies et en les commentant. Ensuite, Ting, mon professeur, pratique les manœuvres sur moi. Par la suite, c’est à mon tour de pratiquer les mêmes manœuvres sur mon professeur. Ce dernier corrige mes manœuvres au fur et à mesure que je les pratique. Ensuite, nous alternons, c’est-à-dire que je reçois et je pratique différentes manoeuvres toute la journée. C’est une méthode d’enseignement basée sur la pratique et la répétition. Toutes les journées, on répète la même routine : prières, méditation et massage en alternance.

Les cours se déroulent sérieusement et dans la bonne humeur. La directrice et les professeurs nous transmettent leur savoir ancestral ainsi que la réputation du Wat Po qui est garante de la tradition et nous devons en être dignes. Au bout de cinq jours à six heures par jour, nous en sommes à l’examen. L’intégration est faite, il faut dire que je passais deux heures par jour à répéter la routine. L’examen consiste en une demi-routine qui dure entre 90 et 120 minutes. Un massage thaïlandais complet dure habituellement trois heures.

Au moment de l’examen, j’étais un peu nerveuse mais surtout confiante. L’examen s’est passé en présence d’un client et d’une examinatrice. Après avoir complété le bilan de santé, je commence mon massage. À la suite du massage, le therapeute doit demander  des commentaires au client et  donner des suggestions pour une vie plus saine et l’inviter à revenir se faire masser. J’ai réussi mon examen! Les professeurs sont tous venus me féliciter.

Pour devenir professeur au Wat Po, il faut de deux à quatre ans de pratique, mais il faut également avoir le contrôle de ses émotions, être un bon pédagogue et faire preuve d’empathie envers ses élèves. Un bon professeur doit bien faire pratiquer son élève afin que celui-ci gagne en assurance. Le rôle du professeur consiste notamment à encourager l’élève à persévérer. 

 

Vivre de la massothérapie en Thaïlande

Pendant mon séjour, j’ai rencontré trois massothérapeutes qui m’ont livré la raison de leur choix de métier. Les Thaïlandais sont des gens discrets, mais Chai a bien voulu se prêter au jeu. J’ai commencé par lui demander ce qui l’avait conduit vers le massage? « Je me suis fait masser souvent dit-il. J’étais curieux d’apprendre. J’ai donc suivi une formation au Wat Po. C’est quand un client, un canadien, m’a dit que je l’avais aidé, et qu’il ne s’était jamais senti aussi bien, alors, j’ai compris que c’était ma place ».

Peux-tu en vivre? « Pour le moment, non. Je masse à temps partiel. C’est aussi plus difficile pour un homme. Beaucoup de femmes et d’hommes n’aiment pas se faire masser par un homme. J’ai un autre business et dans un avenir rapproché, j’aimerais faire plus de massages et moins de business. Mon nom commence à être connu ».

À l’institut des Aveugles, j’ai rencontré monsieur Note. Je lui ai posé les mêmes questions qu’à Chai. « Avant de masser, je vendais des billets de loto sur la rue. C’est un métier difficile et cela devient encore plus dur en vieillissant ». La possibilité d’avoir un travail plus intéressant l’a poussé vers le massage. C’est le commentaire d’un client mal en point qui le remerciait d’avoir arrêté sa douleur qui l’a convaincu de son choix. Aujourd’hui, il masse à temps plein et il en vit.

La troisième personne rencontrée est une jeune femme. Je l’ai rencontré dans son bureau où le logo de Massage of Quality, délivré par le ministère du Tourisme de Chiang Mai était affiché sur le mur à côté de ses diplômes. C’est sa mère qui lui a enseigné le massage avant de poursuivre sa formation. L’attente des clients peut être longue. C’est un revenu modeste, mais un travail noble et apprécié.

Le métier de massotherapeute est très répandu dans le pays. Presque tout le monde connaît  une personne de son entourage qui le pratique. La population thaïlandaise voit le massage  comme une médecine traditionnelle. Le massage fait partie de la culture, c’est un métier noble qui est considéré comme une vocation. Le massage fait partie intégrante de cette société.   

Le fait d’être massothérapeute dans mon pays et d’être venue en Thaïlande et plus précisément au Wat Po, apprendre leur technique m’a permis plus de proximité avec ce peuple réserve qui aime l’harmonie. Nous avons un point d’ancrage et la curiosité réciproque nous a permis d’avoir des échanges sincères.

 

Le but de mon voyage n’était plus seulement d’apprendre une technique de massage, mais aussi de comprendre la réalité des gens qui pratiquent mon métier à l’autre bout de la planète.  Il est agréable d’être dans un pays ou la massothérapie est valorisée et reconnue par tous, du plus humble au roi! Pour moi, cette expérience fut beaucoup plus qu’une formation en massage thaï, mais réellement une expérience humaine enrichissante. J’y retourne, un autre cours m’attend en décembre 2012! 
 

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Référence :

Source ; http://www.wat-po.com

 

Marie-Claude Blanchet est massothérapeute agréée

Marie-Claude Blanchet
Vol. 29 numéro 2


Article : "L’équilibre fonctionnel pour soulager les douleurs lombaires"

 

L’objectif de l’intervention est de guider le corps à trouver lui-même une solution harmonieuse et non douloureuse, en appliquant les principes de la technique O.B.E.C. (Organisation, Biomécanique, Économique, Confortable). Nous suggérons par nos manœuvres, nous percevons les réactions et nous nous ajustons s’il y a lieu.

 

J’ai préparé ce document dans le seul but de partager avec vous ma méthode  de travail, qui est le résultat de mon expérience et de mes connaissances. Je suis bien conscient qu’il me sera impossible de traiter un sujet aussi vaste en si peu de mot.

Mon hypothèse est que l’harmonie des structures est perturbée ce qui amène un déséquilibre de la charge de travail, des douleurs et des symptômes observables localement ou à distance. La somme de ces symptômes n’est que le résultat des efforts du corps pour trouver une solution. Nous pouvons donc les traiter dans une vue d’ensemble. Le temps jouant un rôle dans l’accroissement des symptômes, il serait préférable de traiter le plus tôt possible; si nous tardons trop à intervenir, il y aura plus de symptômes à traiter.

La douleur étant subjective, il nous faudra établir en parallèle une façon objective de l’évaluer. Cette méthode objective d’évaluation s’attardera aux structures elles-mêmes, ainsi qu’à leur positionnement réciproque. L’intervention vise l’équilibre articulaire et musculaire qui soulagera la douleur. Donc nous intervenons sur les structures et non sur la douleur.

 

Vue d’ensemble

Le bassin et les deux dernières vertèbres lombaires forment un ensemble de 11 articulations gérées par des ligaments et des muscles. La mobilité de ces articulations est plutôt qualitative que quantitative. Il se forme des torsions limitant la mobilité articulaire, causant des douleurs qui se répercutent à différents niveaux.

 

L’évaluation se fait en position assise sur un banc à surface rigide, pour éviter l’influence des membres inférieurs. Nous recherchons les asymétries au niveau des épines iliaques postéro-supérieure. Nous pouvons observer une aile iliaque élevée, associée à une antéflexion et une fermeture. Les tensions musculaires lombaires sont généralement observées du côté de la rotation et la douleur est ressentie à la sacro-iliaque ou à la zone ilio-lombaire du même côté.

La rotation entraînée par l’aile iliaque sollicite les ilio-costaux du côté opposé, ce qui amène une tension musculaire excentrique et de la douleur. Le fait de masser, pour détendre les ilio-costaux tendus, provoque l’accroissement de la douleur car ceux-ci sont en contraction corrective. Ils freinent la rotation.

 

Il est préférable dans ce cas de traiter les muscles qui ont provoqué l’antéflexion de l’aile iliaque. Si nous réussissons à éliminer la cause de la rotation, les ilio-costaux n’auront pas besoin de stabiliser la rotation et cesseront leurs contractions, ce qui amènera un positionnement articulaire plus neutre et une diminution de la douleur.

 

Si nous levons la tension excentrique directement, par des techniques de rapprochement ou des techniques impliquant les OTG (organe tendineux de Golgi) il est probable que la cause initiale demeurera et même prendra de la puissance par faute d’opposition à la rotation engendrée par les contractions concentriques. C’est d’ailleurs de cette façon que souvent, s’installe la chronicité, en soulageant la tension corrective sans rééduquer.

 

La compréhension du bassin est importante, car il influence le positionnement des fémurs, qui, à leur tour orientent le tibia et le pied. Vers le haut, le bassin oriente la base de la colonne vertébrale qui doit, à son tour, compenser pour récupérer la verticalisation de la tête. Ces compensations en rotation causent la fermeture de l’espace intercostal et désorganisent la ceinture scapulaire ainsi que les membres supérieurs.

 

Les douleurs à distance sont parfois des tentatives pour solutionner le problème lombaire ou en sont l’origine. Par ex. : une arche plantaire peut s’affaisser pour tenter d’horizontaliser le bassin et soulager la douleur ou, par sa faiblesse, cette arche plantaire déshorizontalise le bassin, cause une dysfonction et la douleur. Autre exemple : une  douleur derrière la cuisse et le mollet peut indiquer une tentative de rétroversion du bassin ou son maintien. L’origine n’étant pas claire il est donc raisonnable de les traiter dans une compréhension d’ensemble.

 

Les lombalgies :

 

  1. Il y a les lombalgies musculaires sans déviations structurales, causées par l’activité occasionnelle, saisonnière ou la fatigue accumulée. Ces douleurs se traitent par le repos et un massage de détente générale sans trop d’appui aux zones douloureuses.
  1. Les lombalgies qui entraînent, en plus, des algies aux membres inférieurs, aux côtes, aux épaules ou à la tête. Ces symptômes à distance indiquent des tentatives pour fuir la douleur ou pour poursuivre l’activité. Les névralgies causées par une hernie ou un pincement arthrosique ont elles aussi provoqué des symptômes d’adaptation à distance, pour fuir la douleur, ce sont ces symptômes que nous traitons.
  1. Les lombalgies chroniques qui se sont installées dans le temps. Bien qu’elles aient pu être à l’origine un simple désordre mécanique ou une névralgie, avec le temps et les compensations antalgiques ou les compensations pour poursuivre l’activité, le tout est devenu un problème postural.

 

Les manœuvres :

Ces manœuvres ne sont que des suggestions pou libérer la zone lombaire. Le thérapeute qui les utilise doit bien en comprendre la portée.

 

  1. Gagner le volume de la zone ilio-costale par traction fasciale consiste à agrandir l’enveloppe du groupe musculaire ilio-costal le plus petit ou le plus rétracté, par une pression dirigée et non glissée, de l’intérieur vers l’extérieur avec la pulpe des doigts.
  1. Libérer la tension de la zone oblique interne consiste en une pression non glissée mais dirigée de l’extérieur vers l’intérieur prenant départ à l’épine iliaque antérieure allant jusqu'à la gaine des grands droits. Par la suite une pression semblable en direction de la colonne vertébrale, visant la zone du muscle psoas.
  1. Libérer la tension de la zone du dentelé inférieur, par une pression non glissée de la colonne vers l’extérieur et légèrement oblique vers le haut.
  1. Mobiliser la zone du carré des lombes en fixant les côtes avec la main de tête la main de pied soulevant le bassin par un appui des doigts sur l’épine iliaque antérieure. En demandant au client une poussée antérieure de courte duré de l’aile iliaque, suivi d’un relâcher et d’un étirement léger, on accélère le relâchement. 
  1. Massage de la zone du grand dorsal par des pressions glissées, avec la main pleine, répétitives et dans toute la longueur du muscle.
  1. Mobilisation de la zone ilio-coxo-lombaire, dans un premier temps le client est en décubitus avec les genoux fléchis et le bassin en rétroversion (zone ilio- lombaire). Le thérapeute mobilise de gauche à droite le bassin sur une surface équivalente à celle du sacrum. Dans un deuxième temps la manœuvre est reproduite avec le bassin en antéversion (zone ilio-coxygiène). Dans un troisième temps un genou fléchi et talon près de la fesse, le fémur en adduction, l’autre jambe allongée, le thérapeute initie un mouvement dans l’axe du fémur de façon passive, aidée et autonome. Une fois les deux jambes faites on termine par une légère oscillation, comme faite précédemment. Cette manœuvre peut être faite de façon autonome (par le client) pour libérer les tensions lombo-sacrées.

 

L’impact physique de l’intervention (objectif)

  • De façon objective nous devrions constater une horizontalisation des épines iliaques postérieures et un volume plus égal des ilio-costaux.
  • Physiologiquement les structures ont retrouvé leurs états primaires et l’harmonie qu’elles doivent avoir entre elles dans le mouvement.
  • Le corps a cessé de se battre contre lui-même pour trouver une solution, il passe en mode récupération.

 

L’impact émotif de l’intervention (subjectif)

  • Si nous avons bien expliqué à notre client que la douleur est habituellement proportionnelle aux torsions objectives, l’observation de l’amélioration de l’harmonie et de la symétrie constatées, devrait avoir diminué sa perception de la douleur.
  • La douleur peut aussi demeurer quelques jours, associées à la guérison ou à l’apprentissage du nouveau geste.
  • Psychologiquement si le client comprend les étapes du changement il acceptera mieux la situation, ce qui favorisera la guérison et l’implication personnelle s’il y a lieu.

 

Exercices ou auto-traitement 

  1. Ouverture et fermeture de l’ensemble thorax bassin sur banc dur en maintenant toujours une tension du plancher pelvien, sans tirer les épaules. Le mouvement doit partir du bassin.
  2. Même position de départ avec tension du plancher pelvien, élever de 10 cm chaque jambe alternativement, sans autre mouvement du tronc.
  3. Plusieurs autres exercices ont été développés mais dépasse le cadre de ce document.

 

Conclusions

  • Le corps s’adapte aux traitements, aux médicaments, aux chirurgies comme à l’entraînement. Le fait de lui faire choisir une solution non douloureuse tout en maintenant un certain équilibre entre les structures, lui conserve son autonomie d’ajustement.
  • Rappelez-vous qu’il vaut mieux progresser lentement dans notre intervention que d’en perdre le contrôle.
  • Écouter les réactions du corps lors de l’intervention permet une évaluation constante de la situation et donne un nouveau sens à toutes vos connaissances.

 

* Jean Lalonde est masso-kinésithérapeute agréé

Si vous avez des questions : j.lalonde4@sympatico.ca

 

 

Jean Lalonde *
Vol. 29 numéro 1

Article available only in French

Les douleurs lombaires peuvent  trouver leur source dans les muscles ou encore dans la mécanique vertébrale (spondylogénique) : entrent alors en jeu différentes structures de l’unité intervertébrale : facettes articulaires, ligament postérieur, disque, etc. Elles peuvent être de nature inflammatoire (rhumatologique), mais aussi tumorale ou viscérale, ce dont les massothérapeutes doivent être conscients. A titre d’exemple, raconte le Dr Vadeboncoeur : des hommes d’un certain âge- la cinquantaine ou plus- souffrant, même la nuit, d’une douleur lombaire avec irradiation à la cuisse gauche. Le patient peut toutefois marcher. Malgré les apparences, il ne s’agit pas toujours d’une lombalgie d’origine mécanique : la douleur, viscérale, cette fois, pourrait signer un  anévrisme aortique, dont la rupture peut être fatale. Il est recommandé de consulter rapidement un médecin pour  diagnostic ou même diriger la personne vers des soins hospitaliers d’urgence. Cf. : Tableau 1- Signaux d’alarme et indices de gravité d’une lombalgie.

 

Nous abordons ici les douleurs d’origines musculaire et mécanique, ce qui n’exclut pas que puissent coexister ou même y contribuer des problèmes psychosociaux : situations et événements stressants de la vie qui peuvent s’être produits sur plusieurs mois auparavant, sentiments dépressifs, etc.  Les portraits cliniques décrits ne sont que des pistes de travail. Plusieurs facteurs peuvent modifier ou moduler ces tableaux : différences individuelles, habitudes de vie et de travail, croyances et attentes du soigné, tensions psycho-émotionnelles. 

 

Apparition et évolution des lombalgies

La douleur apparaît spontanément ou à la suite d’un traumatisme. Elle peut se décliner en phase aiguë, (parfois aussi subaiguë) et chronique, classification fondée uniquement sur la durée et non sur l’intensité des symptômes.  La douleur serait dite aiguë jusqu’à 5 à 7 semaines, subaiguë de 7 à 12 semaines ; au-delà, on parle de douleur chronique. Celle-ci se manifeste surtout par des épisodes plus intenses entre des périodes d’accalmie ou sur un fond de faible douleur. « Dans l’évolution de la lombalgie, souligne le médecin physiatre Yves Bergeron, la récidive est plus fréquente que la guérison.»[1]

 

En avoir plein le dos ?

Le risque de chronicité  dépend des symptômes, de la douleur dans les membres inférieurs et de l’invalidité correspondante. Certains facteurs psychosociaux contribuent aussi au maintien de la douleur. Entendons-nous : le type de personnalité, les peurs, les (fausses) croyances, l’insatisfaction au travail ne causent pas la lombalgie. Ces attitudes et ces comportements face à la douleur peuvent toutefois l’entretenir et favoriser le passage à la chronicité et à l’invalidité.

 

 

Signaux d’alarme et indices de gravité d’une lombalgie

ATTENTION !

  Bien que la majorité des lombalgies ait une origine mécanique, de 1 à 3% proviendraient de souffrances viscérales ou tumorales. S’il y a un ou plusieurs des symptômes suivants, recommander une consultation médicale à court terme et attendre le diagnostic pour masser, insiste notre collègue Marie Bernard.[i]

 

  • Apparition spontanée, progressive ou brutale de la douleur (sans événement déclencheur identifiable).
  • Douleur nocturne (à distinguer de la douleur du petit matin)
  • si l’intensité est équivalente ou supérieure à la douleur diurne, si elle est constante, progressive, non mécanique, non modifiée par le repos.
  • Absence de variations dans la douleur au cours de la journée, par les mouvements, les activités de la vie quotidienne ou les diverses thérapeutiques.[ii]
  • Douleur lombaire unilatérale, bilatérale, intense, discrète ou absente, avec: 

◊ Faiblesse ou insensibilité d'une ou des deux jambes;

◊ Apparition récente de douleur périanale, de paresthésies périanales ou génitales, d'impotence;

◊ Difficulté à initier la miction ou, au contraire, incontinence urinaire.

 

Poser un diagnostic médical ne relève pas de nos compétences.

Cependant, le questionnaire-santé est essentiel pour déterminer les contre-indications, précautions et plan de traitement ; il portera non seulement sur le site de la douleur mais sur son mode et son moment d’apparition.

 

Lombalgies musculaires : les syndromes myofasciaux lombaires et fessiers

Selon les chercheurs américains Travell et Simons,  presque tous les muscles striés peuvent être à l’origine de douleurs, locorégionales ou référées. Ces derniers peuvent être le siège de zones myofasciales (i.e. de tissus infiltrés et de « bandes » musculaires indurées) pouvant contenir un  point gâchette. Les causes de ces réactions tissulaires sont multiples, mais elles sont souvent liées à des postures contraignantes. L'activation des points gâchettes, qu'elle soit spontanée ou déclenchée lors de la palpation, provoque une douleur locale et/ou à distance selon un modèle attendu. Ainsi,  un point gâchette dans le petit dentelé créera une douleur plus localisée autour dudit point. Par contre, d’autres points situés aux environs de la jonction dorso-lombaire (D10 à L1) pourront irradier en haut et en bas du point et même jusque dans la fesse (ilio-costal et long dorsal). Il peut arriver que l’activation d’un point gâchette dans le droit abdominal provoque une douleur lombaire « en barre ».

 

Parmi les muscles lombaires et fessiers fréquemment touchés notons: le petit dentelé, le long dorsal, l'ilio-costal, le carré des lombes, le psoas, les multifides lombaires, les petit, moyen et grand fessiers, le piriforme.

 

Syndrome myofascial douloureux  du carré des lombes  Le carré des lombes présente quatre points gâchettes: deux  profonds, situés plus près du rachis et donnant une douleur irradiée autour de l'articulation sacro-iliaque et à la fesse ; deux superficiels, situés plus à l'extérieur, irradiant à la crête supérieure externe de la hanche et dans la région du grand trochanter. La douleur se manifeste à la marche ou en position assise prolongée[iii].  Toutefois, cette douleur en position assise peut aussi signaler une hernie discale. Une tension extrême du carré des lombes crée une inégalité des membres inférieurs et une scoliose fonctionnelle. Le retour du muscle à sa longueur normale élimine ces symptômes. Toutefois, dans certains cas, une disparité véritable peut alors apparaître.

 

En association avec celui du carré des lombes, on retrouve fréquemment le syndrome du petit fessier avec douleur à la fesse irradiant au membre inférieur.

 

Les lombalgies spondylogéniques  mécaniques

       

Plusieurs structures de l’unité intervertébrale peuvent être sources de douleur :

  • la facette articulaire (articulation zygapophysaire),
  • le ligament postérieur ;
  • le disque intervertébral, la racine nerveuse.

 

Les lombalgies d’origine vertébrale (spondylogénique) peuvent être dues à une discopathie (dégénérescence ou lésion du disque intervertébral), à un syndrome facettaire,  à l'irritation d'un ligament; à l'irritation, la compression ou l'inflammation des branches d'un nerf rachidien, causée par l'un ou l'autre des éléments précédents.

 

Douleur

La douleur entraîne une contracture de vigilance, palpable dans les muscles paravertébraux. Elle limite le mouvement dans la direction douloureuse. Chaque mouvement ou position qui sollicite le segment douloureux entretient cette contracture. Certaines manœuvres manuelles exercées sur cette contracture (pression, étirement) peuvent la faire céder.[iv]

 

Dans les cas de douleurs vertébrales chroniques, cellulalgie, cordon myalgique, douleur à l'insertion des tendons existent, même en dehors des épisodes douloureux. Ils peuvent être muets ou bien tolérés. Mais ils peuvent être réveillés ou exacerbés par  des efforts, une mauvaise posture, le froid, l'humidité, un courant d'air, la fatigue, le stress, un état dépressif, etc.

 

Lombalgie d’origine vertébrale haute (syndrome de la jonction dorso-lombaire ou de Maigne)

Selon le physiatre français Robert Maigne, dans un cas de lombalgie sur deux, la douleur ne provient pas des structures lombaires basses, mais de segments vertébraux situés plus haut (jonction dorso-lombaire D11-D12-L1). Nous vous avons déjà présenté ce « très important syndrome », de dire le Dr Vadeboncoeur,  dans Les maux de dos féminins (Le Massager Nov. 2011), bien qu’il existe aussi chez les hommes. 

 

Douleur

La douleur référée unilatérale, peut se manifester par :

  •  une zone cellulalgique sise à la partie supérieure de la fesse,
  •  un point douloureux à la partie interne (origine L1) de la crête iliaque (point de crête),
  • une  tendinose au grand trochanter,
  • des  douleurs pseudo-viscérales mimant des douleurs gynécologique ou urologiques. 

 

Facteurs déclenchants: efforts de soulèvement postures prolongées statiques ; vibrations communiquées à la colonne vertébrale: outils, conduite de camion, de tracteur, de motoneige, équitation, etc.

 

Douleur : discopathie : douleur lombaire basse, centrale ou "en barre" ; flexion antérieure douloureuse.

 

Lorsqu'il y a syndrome facettaire: extension douloureuse ;  douleur locale sévère; douleur référée: modérée aux parties proximales; légère aux parties distales et surtout diffuse, caractéristiques qui la distinguent d'une névralgie sciatique ou crurale.

 

États tissulaires : sensibilité de l'articulation vertébrale concernée ; oedème localisé à la région lombo-sacré (parfois) ; cordons musculaires et /ou contractures dans les muscles paravertébraux, fessiers, carrés des lombes.

 

Le lumbago aigu (entorse lombaire ou lombalgie aiguë)

Le lumbago aigu n’est pas purement musculaire : le spasme réflexe de la musculature dorsale peut s’accompagner ou non d'un blocage vertébral et il  peut y avoir un problème mécanique sous-jacent: conflit discal, arthrose, etc.

L’affection toucherait un jour ou l’autre 60 à 70 % de la population. Les expressions lumbago aigu, lombalgie aiguë, entorse lombaire désignent surtout un syndrome sans déficit neurologique, survenant à la suite d'un traumatisme ou  d'un faux mouvement relativement récent (moins de deux mois)[v],[vi]. Parmi les facteurs déclenchants ou favorisants notons les mouvements de flexion / rotation du tronc, avec ou sans contrainte supplémentaire (p. ex.: manipulation d'objets lourds); la force appliquée brusquement et de façon inattendue (p. ex.: pour s'empêcher de tomber) ; la fatigue musculaire, le manque de vigilance (p. ex.: après un effort prolongé;   au réveil, etc.) ; la dégénérescence ou l’affaiblissement des muscles et des ligaments (maladie, vieillissement, etc.).

 

Évolution

Résolution spontanée (avec ou sans traitement): 50 % après une semaine; 75 % à l'intérieur de deux semaines, mais 7 % évoluent vers la chronicité. Une colonne affaiblie et surtout la présence d’une hernie discale à la source de la douleur rend la résolution d’autant plus difficile.

 

Douleur[vii],[viii],[ix]

Douleur aiguë de la région lombaire et parfois sacrée, le plus souvent unilatérale; avec irradiation possible à la fesse et à la cuisse par mécanisme réflexe, mais sans sciatalgie. La douleur peut survenir spontanément (la personne "barre") ou se déclarer après quelques heures ou quelques jours, par réaction inflammatoire.

 

La douleur peut être aggravée par la toux, l'éternuement, la défécation, la position assise et le mouvement de la colonne vertébrale : dans ce cas, il faut adresser la personne à son médecin, car il peut y avoir atteinte du disque intervertébral.

 

Etats tissulaires[x],[xi]

On trouve : une contracture réflexe de la musculature, une attitude antalgique et parfois blocage vertébral (dos barré); une tension extrême et douloureuse des muscles dorsaux, lombaires et fessiers, sans ou avec zones myofasciales et points gâchettes (PG). Les plus touchés: petit dentelé, ilio-costal, longissimus du dos, transversaire épineux (multifide), piriforme (pyramidal). Dans le lumbago chronique: spasme permanent du carré des lombes.

 

Traitement général du lumbago

 

Phase aiguë: Pas de massage immédiat (jusqu'à 24 et même 72 heures). Médecin ou pharmacien pourront recommander la prise d'analgésiques et de relaxants musculaires selon les cas.

 

Recommandations:

Le repos au lit  n’est plus recommandé : il augmenterait au contraire les symptômes et prolongerait la durée de la lombalgie.  Modalité d'auto-traitement à la maison dans les 3 premiers jours: application de froid (glace ou compresse): 20 minutes, 3 à 4 fois par jour, selon le soulagement. Certaines personnes réagissent mieux à la chaleur appliquée sur les muscles. Éviter les articulations et privilégier une chaleur décroissante, de façon à minimiser les risques d’inflammation.

 

Phase subaiguë (s'il y a lieu):

Modalité d'auto-traitement à la maison: application de chaleur (selon le soulagement: bains chauds, massages à la douche chaude et/ou compresses) pour apaiser le système nerveux et diminuer les spasmes musculaires. La chaleur humide décroissante (sacs de grains) est préférable au coussin électrique.

 

La hernie discale

Ce qu’il importe d’abord de savoir c’est que certains signes peuvent nous faire soupçonner une hernie discale : impossibilité de garder une position assise car trop douloureuse ;  posture antalgique en porte-à-faux ou en baïonnette. En présence de telles observations, il faut demander un diagnostic médical.

 

Les attitudes  en baïonnette, en porte-à-faux (ou en cyphose) s’observent surtout  lors de la phase aiguë d’une hernie discale. Elles s’atténuent en cours d’évolution et sont la plupart du temps absentes en phase chronique. Une hernie latérale produit  une déviation antalgique du côté opposé (controlatérale) ; une hernie médiane, située à l’aisselle de la racine nerveuse au sortir du rachis produit une déviation antalgique du même côté (homolatérale). Dans les scolioses antalgiques, les modifications tissulaires touchant la peau, les fascias ou les muscles dominent du côté de la concavité.[xii]

 

 

Le traitement des lombalgies : une approche multidisciplinaire

(Voir aussi les dossiers La douleur, un phénomène complexe in Le Massager d’Août et Novembre 2010)

 

L’éventail des traitements est plutôt large pour répondre aux différentes causes et stades cliniques de la douleur : musculaires, spondylogéniques, etc. De plus, le fait que les lombalgies soient sujettes à récidive appelle une approche pluridisciplinaire :

  • médication, par voie orale ou par injections : médecine ;
  • thérapie manuelle : médecine, ostéopathie, chiropraxie, physiothérapie ;
  • agents physiques et  réadaptation fonctionnelle : éducation posturale, renforcement musculaire, développement de la tolérance à l’effort : physiothérapie, kinésithérapie;
  • suivi psychologique, gestion du stress et de la douleur ;
  • massothérapie : «  La combinaison de massage + exercices+ information au patient est plus efficace que les exercices seuls pour contrôler la douleur et améliorer la fonction à court et à long terme. »[xiii]

 

Un mandat commun : diminuer l’anxiété du patient

 

La douleur chronique ou à récidive provoque souvent beaucoup d’anxiété chez les personnes qui en souffrent. Or, l’anxiété augmente l’intensité des symptômes. 

 

Diagnostics et concepts portent des noms différents en médecine, physiothérapie, chiropraxie, ostéopathie, acupuncture et naturopathie, signale le physiatre Yves Bergeron. S’il devient difficile de s’y retrouver pour les soignants, ce peut être une réelle source d’anxiété pour les soignés: il s’avère donc essentiel  d’utiliser un langage commun et d’aller dans la même direction : favoriser le retour optimal à l’activité, éviter l’installation de l’invalidité.

 

Plusieurs des  facteurs  qui contribuent au maintien de la douleur sont modifiables par l’écoute et l’éducation. Il s’agit d’aider la personne souffrante à réduire son anxiété et à augmenter sa capacité dans les activités de la vie quotidienne. À titre d’exemple : la personne souffrante n’exerce pas d’activités- tâches, loisirs, exercices-  par crainte d’aggraver sa douleur, ce qui  installe un cercle vicieux et devient une cause importante d’invalidité. Il faut désamorcer les fausses croyances en corrigeant les informations erronées. Réduire ses peurs lui permettra de reprendre l’activité de façon adaptée à sa condition. Cela contribuera  aussi à diminuer les sentiments dépressifs qui accompagnent souvent l’invalidité.

 

*  Michèle Guérin est massothérapeute agréée et andragogue spécialisée en relation d’aide éducative auprès d’une clientèle aux prises avec des douleurs chroniques.

Nous remercions le Dr Roger Vadeboncoeur, médecin physiatre, qui a su rendre plus simples et accessibles aux massothérapeutes des pathologies plus complexes qu’il n’y paraît, qui se chevauchent parfois et dont les appellations ne font pas toujours l’unanimité.  Les imprécisions qui pourraient se trouver dans le texte ne sauraient lui être attribuées ; elles sont du seul fait de l’auteure.

 


[i] Bernard M., Dubreuil B., Duque Cordoba G.P., Durand N. et Lucas, A. : De l’accueil au massage. Table ronde  sur la douleur in  Dossier La douleur un phénomène complexe 2. Le Massager 27-3. Nov. 2010

[ii] Bergeron Y. et al. : Ch. 9 Rachis lombaire, sacrum et coccyx. Op. cit. p.386

[iii] Besemann M., Vadeboncoeur R et Duranleau D. : Lésions musculaires et syndromes douloureux myofasciauxIn Bergeron, Fortin, Leclaire Pathologie médicale de l’appareil locomoteur ch. 23 Maloine Paris et Edisem St-Hyacinthe 2008

[iv] Maigne R. et Maigne J.-Y.: Dérangement intervertébral mineur (DIM) in Dupuis-Leclaire Pathologie médicale de l’appareil locomoteur Maloine Paris et Edisem St-Hyacinthe. 1988 ch. 6

[v] Bachand, André: Les pathologies musculo-squelettiques et la massothérapie. Notes de cours, 1995

[vi] Bergeron Y.: Rachis lombaire in Dupuis-Leclaire, Pathologie médicale de l'appareil locomoteur. Edisem St-Hyacinthe et Maloine, s.a. Paris. 1986

[vii] Bellicha G. et P.: Dictionnaire médical Bordas. Éd. Bordas, Paris 1987

[viii] Dicke, E., Schliack H. et Wolff A.: Thérapie manuelle des zones réflexes du tissu conjonctif.  Maloine, s.a. Paris, 1986

[ix] Dupuis, Michel: Ce sacré mal de dos, op. cit.

[x] Dicke E. et al.: op. cit.

[xi] Travell J.  et Simons D.G.: Myofascial Pain and Dysfunction. The Trigger Point Manual. Williams and Wilkins, Baltimore.

[xii] Bergeron Y. et al. Pathologie médicale de l’appareil locomoteur, 2e édition. Ch. 9  Rachis lombaire, sacrum et coccyx.p.391  EDISEM St-Hyacinthe et Maloine s.a. Paris 2008

[xiii] Furlan A, Brosseau L,Imamura M, Irvin E : Massage for lowback pain in a systematic review within the framework of the Cochrane   collaboration back review group. Spine 2002;27:1896-1910 In Castonguay op. cit.

 

 

Michèle Guérin *
Vol. 28 numéro 4

Article in French only

Certains maux de dos sont plus spécifiquement féminins, non pas tant dans leurs manifestations que dans leurs origines: les différentes phases du processus de reproduction, des problèmes biomécaniques qui y seraient liés à plus ou moins long terme, les organes eux-mêmes.

Signaux d’alarme et indices de gravité

La présence d'un des symptômes suivants commande une consultation médicale dans un court délai

·      Apparition spontanée (sans événement déclencheur identifiable), progressive ou brutale de la douleur ;

·      douleur continue, avec des pics cycliques, présente nuit et jour même au repos et lentement progressive,  non exacerbée par le mouvement ;

·      douleur nocturne (à distinguer de la douleur du petit matin) : si l’intensité est équivalente ou supérieure à la douleur diurne, si elle est constante, progressive, non mécanique, non modifiée par le repos ; 

·      absence de variations dans la douleur au cours de la journée, par les mouvements, les activités de la vie quotidienne ou les diverses thérapeutiques.

Les maux de dos liés au cycle reproducteur

Syndrome prémenstruel (SPM) et menstruations

Douleurs

Douleurs lombo-sacrées, souvent en barre, avant et/ou pendant les règles, sans anomalie des organes ou du dos. Cependant, la congestion pelvienne, la constipation, l'irritabilité et autres symptômes du SPM peuvent rendre douloureux des problèmes mineurs des structures vertébrales, autrement muets.

Par ailleurs, des seins lourds (caractéristique individuelle ou familiale, obésité, gonflement prémenstruel, de la grossesse ou de l'allaitement), un soutien-gorge au maintien insuffisant et dont les bretelles trop fines répartissent mal la pression aux épaules  peuvent créer des dorsalgies interscapulaires avec syndromes myofasciaux (tensions musculaires et points gâchettes  spécialement au niveau de D5-D6. Cette caractéristique peut se combiner au syndrome du point cervical du dos, mais aussi entraîner l'enroulement des épaules et une posture en hypercyphose.

 

États tissulaires[1]

Deux types: atonique et spastique.

  • Ÿ Dans les deux types: gonflement plus ou moins marqué aux niveaux du sacrum et de la charnière lombo-sacrée, pouvant même, parfois, couvrir toute la région lombaire; la pression des points du sacrum peut s'avérer douloureuse. Selon Dicke et al. lorsque la composante psychique domine, la tension tissulaire devient plus diffuse et généralisée.
  • Ÿ Dans le type spastique: possibilité de rétractions tissulaires sur et autour du sacrum et sur les ailes iliaques; la peau et le tissu sous-cutané sont difficiles à détacher l'un de l'autre; l'angle entre la crête iliaque et la colonne vertébrale peut être le siège de fortes contractures et sensible à la pression; le ventre pourra être dur, à cause des ballonnements ou de contraction des abdominaux.

 

Périménopause et ménopause

La périménopause couvre cette période de trois à  cinq ans (parfois jusqu'à dix) précédant l'arrêt des menstruations. La ménopause est confirmée un an après la dernière menstruation. La périménopause peut donner cours à des troubles fonctionnels du cycle menstruel, associés ou non à un engorgement des tissus mous. Chez les femmes d'âge moyen et âgées, les problèmes biomécaniques liés à la dégénérescence des structures du rachis et des tissus mous sont fréquents.

 

Les altérations du cycle menstruel

Accompagnées ou non de modifications de volume des organes génitaux, elles ne sont pas toujours liées à une insuffisance ovarienne. Le cycle d'action rétroaction hormonale se fait à partir de l'hypophyse et du système nerveux végétatif. La douleur, la maladie, les émotions ou les contraintes psychiques qui accompagnent parfois cette période de la vie, peuvent jouer sur l'équilibre des relations inter-hormonales et modifier le cycle menstruel: troubles du petit bassin (spasmes, inflammations, congestion, etc. qui peuvent se répercuter à la région lombaire), diminution (oligoménorrhée), augmentation (polyménorrhée) de la fréquence des règles, douleurs menstruelles (dysménorrhée). L’endométriose peut toucher de façon cyclique et progressive et provoquer une douleur radiculaire d’un nerf émergeant du plexus lombo-sacré[2],[3].

 

États tissulaires

  • Ÿ Congestion et tension tissulaires dans les régions du sacrum et du bassin;
  • Ÿ gonflement sur le sacrum;
  • Ÿ angle entre la crête iliaque et la colonne lombaire très dur et sensible;
  • Ÿ ventre proéminent, pouvant être lié à des troubles intestinaux: diarrhée, constipation ou alternance des deux;
  • Ÿ tension fréquente du diaphragme et des abdominaux;
  • Ÿ la région trochantérienne, le tractus iliotibial  (bandelette de  Maissiat), le psoas et les adducteurs peuvent être sensibles.

Maux de dos liés à des problèmes viscéraux

Personne de plus de 50 ans, histoire antérieure de cancer, perte de poids inexpliquée, douleur non soulagée par le repos ou absence d’amélioration après un mois de traitement. Des douleurs  à la région dorsale pourraient signaler une tumeur de la plèvre, du poumon ou du médiastin, un infarctus du myocarde, une insuffisance coronarienne ou un anévrisme de l’aorte.[4]

Diverses affections des organes génitaux ou du péritoine – modifications utérines, endométriose, inflammations et infections, tumeurs bénignes ou malignes – peuvent créer une douleur lombosacrée. D'où l'importance, encore une fois, d'un questionnaire santé méticuleux et de s'assurer que la personne-cliente a consulté ou consultera un médecin, le cas échéant. La constipation, à forte prévalence chez les femmes, peut augmenter la congestion du petit bassin, ajouter au poids de l'abdomen et exacerber les douleurs rachidiennes latentes ou actives. Et vice versa : un problème lombaire peut entraîner des problèmes intestinaux : constipation, météorisme...


La constipation

En grisé,  les régions susceptibles de présenter des modifications tissulaires dans le dos, à la nuque et aux cuisses: gonflements et rétractions. Toute la région abdominale est également le siège de tensions.

En foncé, les zones les plus douloureuses au massage.

Source: Dicke E. et al.: Thérapie manuelle des zones réflexes du tissu conjonctif. Maloine, Paris 1989

 

États tissulaires

ŸInflammations: les points les plus douloureux et   sensibles à la pression se trouvent sur le sacrum;  cellulalgie au-dessus des fessiers, du côté atteint;   dans les cas chroniques, forte hypertonie des fessiers, du côté atteint.

Tumeurs haut placées: tension tissulaire élevée de la région lombaire; l'angle entre la crête iliaque et la colonne lombaire est rétracté et douloureux; pas de modification des régions inférieures.

Constipation: tension accrue ou mélange de tension et de relâchement des tissus sous-cutanés et de la musculature: obliques abdominaux, rotateurs externes et adducteurs (surtout à leur insertion supérieure), psoas; les tractus ilio-tibiaux (bandelettes ilio-tibiales) de Maissiat sont très sensibles; présence de gonflements tissulaires au cadran supéro-externe de la fesse et du sacrum. Le diaphragme est en général très tendu, de même que les muscles de la ceinture scapulaire; la respiration est haute et superficielle. La tension musculaire bloque ou ralentit aussi le péristaltisme intestinal.

Dans le type spastique: tension élevée  aux niveaux des segments  D9-L4 de même qu'à la région cervicale à la hauteur de C3-C4.

 

Les douleurs d'origine biomécanique

Le relâchement des tissus mous -- hypotonie des muscles ou des ligaments – augmente les contraintes articulaires. Les abdominaux sont souvent faibles ou relâchés. Dans les cas graves, les fibres de soutien des abdominaux peuvent être complètement atones et distendues à la suite de multiples grossesses et former un repli à la partie inférieure du ventre. Les exercices de tonification ne suffisent pas s'il y a déchirure des fibres et ces cas peuvent même nécessiter une reconstruction chirurgicale qui soulagera… le dos !

Le déséquilibre des tensions musculaires, la prise de poids, l'usure des corps vertébraux (arthrose, ostéoporose), la dégénérescence discale (discarthrose) vont perturber la courbure lombaire. Cette perturbation de l'arc postérieur crée une hyperlordose ou, à l'opposé, un effacement de la courbure lombaire, provoquant une surcharge fonctionnelle des structures musculaires et rachidiennes. Il est à noter qu’une faiblesse du psoas, associée ou non à une atteinte d’une racine nerveuse lombo-sacrée, peut contribuer à l’effacement de la courbure lombaire.

 

Une faible conscience proprioceptive (i.e. de la position  du corps dans l'espace) de la région lombaire, des mouvements du diaphragme et de la cage thoracique et enfin des genoux empêche aussi la personne de trouver une posture "juste”, souple et solide. [5]

           

Tous ces éléments concourent à la décompensation fonctionnelle progressive du dos.

États tissulaires

  • L'état tissulaire varie selon les types, le plus fréquent étant le type asthénique:
  • ŸLégers gonflements, parfois rétractions à la région sacrée;
  • la région paravertébrale lombaire est en tension permanente et douloureuse, comme souvent le carré des lombes et le psoas;
  • à l'opposé, les abdominaux sont affaiblis et relâchés;
  • le diaphragme est par contre souvent contracté.
  •  
  • L'ostéoporose

L’ostéoporose, maladie systémique, touche aussi les hommes. En l’absence de fracture (hanche, bassin, poignet, humérus, côtes ou vertèbres), l’ostéoporose est en général asymptomatique. La prévention non pharmacologique passe par l’arrêt du tabagisme, l’activité physique régulière, l’apport adéquat de vitamine D  et de calcium.[6]

La maladie se caractérise par une diminution de la résistance de l’os, soit par baisse de sa densité ou de sa qualité. Elle peut entraîner des fractures de fragilisation, habituellement après un stress mineur. Les massothérapeutes doivent tenir compte qu’un antécédent de fracture  augmente de 1,5 à 9,5 fois (selon l’âge) le risque de nouvelle fracture ; au niveau vertébral c’est d’au moins  quatre fois.

Les deux tiers des tassements vertébraux qu’elle occasionne passent inaperçus ; d’autres peuvent être associés à une compression douloureuse des racines nerveuses. Les vertèbres  dorsales basses et lombaires hautes sont les plus souvent touchées.  

 

Principales causes d’ostéoporose chez la femme

Plusieurs maladies et habitudes de vie peuvent, à long terme, affecter la masse osseuse :

·  Maladies endocriniennes et ménopause précoce;

·  Polyarthrite rhumatoïde ; immobilisation ;

·  Certaines maladies du système digestif, dont les syndromes de malabsorption et les cirrhoses ; un faible apport en calcium ;

·  Affections du système sanguin dont l’anémie, la leucémie, le lymphome et autres cancers ;

·  Certains médicaments, dont les corticostéroïdes pris à long terme, la chimiothérapie ;

·  Consommation excessive d’alcool, de caféine ; tabagisme ;

·  Dépression majeure.

 

États tissulaires

  • Ÿ Arthrose vertébrale ;
  • Ÿ Cyphose dorsale avec enraidissement des muscles et ligaments paravertébraux; et/ou effacement de la lordose lombaire
  • Ÿ Possibilité de pincement de la racine nerveuse.

Douleur:

Ÿ Attention! Une douleur intense et soudaine fait soupçonner une fracture ou l'écrasement d'une vertèbre;

·  La douleur peut irradier au flanc (et donner parfois une douleur de type pseudo-viscéral)

Ÿ Elle se prolonge plusieurs semaines.

 

La triade de la femme athlète[7]

L’ostéoporose ne survient pas que chez la femme ménopausée. Bien que l’exercice physique  permette de réduire le risque d’ostéoporose, sa pratique trop intensive peut signaler  un ensemble de problèmes connu sous le terme de triade de la femme athlète.  Cela inclut des troubles de conduite alimentaire (anorexie, boulimie, restriction alimentaire, jeûne, purges,  prise de diurétiques, de laxatifs ou de médications amaigrissantes), des changements hormonaux avec absence ou dérèglement des menstruations qui peuvent être néfastes pour la densité osseuse. Le dépistage (délicat) et le traitement précoce sont essentiels : référer alors au médecin, en nutrition ou en psychologie.

 

Maux de dos liés à la posture

Le poids (physique et psychologique) des seins, le manque de confiance en soi, la fatigue, le chagrin, l'habitude de porter le monde sur ses épaules, les attitudes de victime, tout comme les mauvaises postures assises ou debout au travail et dans les AVQ (activités de la vie quotidienne) contribuent aux maux de dos féminins, qu'ils soient musculaires ou d'origine rachidienne.

 

Ÿ Les positions de travail

À la cuisine : au comptoir ou à l'évier-- dos courbé et bassin éloigné pour ne pas se salir, accentuent les  attitudes lordotiques ou cyphotiques entraînant fatigue et douleurs musculaires, lombalgies et cervicalgies. Le simple port d'un tablier peut aider à corriger cette mauvaise habitude et faciliter le placement correct du bassin.

Dans les travaux ménagers: le dos courbé lors de l'utilisation de l'aspirateur, les longues sessions de repassage souvent en attitude de cypho-lordose accentuée, réveillent les lombalgies et les cervicalgies. Durant le repassage, un appuie-pied (tabouret, annuaire téléphonique) permet de reposer la région lombaire. Lorsqu'on travaille à l'évier ou au comptoir, la tablette du dessous peut aussi jouer ce rôle.  Se courber le dos pour passer l'aspirateur ou le râteau est risqué. Garder son dos droit est tout aussi efficace et moins douloureux. Il faut alors s'assurer d'une prise plus haute sur le manche (et non pas à sa moitié); le déplacement se fait par transfert de poids d'une jambe à l'autre ou en avançant ou reculant, et non pas à partir de la taille. Comme en massage !

Les sacs portés en bandoulière entraînent une contraction du trapèze et de l'élévateur de la scapula (angulaire de l'omoplate)  du côté porteur: attitude inconsciente pour empêcher la courroie de glisser si le sac est léger ou pour parer à l'effort s'il est lourd. Cette contraction, qui peut devenir chronique,  crée, réveille ou entretient des douleurs cervico-dorsales et à l'épaule. Il faudra donc préférer un sac à main ou à dos, en évitant de les surcharger.

Les souliers étroits et pointus, associés aux talons trop hauts obligent le dos à un effort accru pour maintenir l'équilibre. Résultat: raccourcissement des muscles postérieurs de la jambe et hyperlordose; lombalgies, douleurs aux mollets.  Pour les habituées des talons aiguille, le passage aux talons moins hauts ne doit pas se faire brusquement, sous peine de crampes aux mollets.

 

Perturbations de l’arc postérieur

Précautions et contre-indications

Évitez ou atténuez les positions qui accentuent les courbures. Décubitus dorsal (au lit ou en massage) : en présence de douleur ou d’une hyperlordose placez un soutien sous les cuisses ou les genoux. En shiatsu  attention au makko ho de l’Estomac, à l’ouverture en abduction- rotation de la jambe (travail de Rein, Foie).

En présence de cyphose: attention à une mauvaise position assise, qui accentue l’affaissement en cyphose étendue et l’enroulement des épaules; en shiatsu l’appui de votre jambe ne suffit pas toujours : installez alors la personne sur un tabouret à plan incliné ou étendue sur le dos ou le côté, en appui sur des coussins, là où nécessaire.

 

Le point cervical du dos

La plupart des dorsalgies hautes sont d’origine cervicale basse.[8] Fréquent motif de consultation en massothérapie, il s'agit d'une dorsalgie souvent causée par un dérangement intervertébral mineur (DIM ) de la colonne cervicale inférieure (C5-C6, C6-C7 ou C7-D1), qui trouverait écho à la  branche  postérieure de la racine nerveuse de D2.  . La douleur est ressentie au point d'émergence du rameau cutané de ce nerf qui se situe à un doigt de la ligne médiane du rachis en D5 ou D6. [9] Elle est exacerbée par certains mouvements du cou, des positions prolongées ou contraignantes. Elle peut parfois être associée à  une douleur cervicale ou cervico-brachiale sans symptôme neurologique.[10]

Souvent chronique, cette dorsalgie évolue par poussées et survient surtout à la suite de fatigue posturale (mal de dos des travailleuses de bureau, des couturières, etc.) ou de surmenage fonctionnel (travailleuses de la coiffure, etc.). L’utilisation généralisée de l’ordinateur et plus encore du portable, avec ses postures contraignantes, augmente les risques pour tous.  La dorsalgie interscapulaire peut aussi être provoquée par une poussée inflammatoire d'arthrose touchant une vertèbre ou un disque  (discarthrose).

 

Douleur

Sensation de courbature, de point douloureux ou de brûlure, ressentie aux niveaux de D5, D6. Calmée par le repos, bien que parfois présente au réveil. Le cou lui-même peut ne pas être douloureux.  La douleur peut gagner la région de l'omoplate, provoquée par une cellulalgie dans le dermatome de D2, allant du point d'émergence paravertébral, couvrant l'omoplate jusqu'à l'acromion.

États tissulaires

Cellulalgies: à la fosse infra-épineuse de l'omoplate; à la région paravertébrale adjacente, du côté atteint.

Points douloureux à la pression: à l'émergence du nerf D2, en paravertébral D5 ou D6; les massifs articulaires de C5 à D1 peuvent être sensibles; la pression antérieure des émergences nerveuse des étages C7-D1 reproduit le point douloureux en D5-D6. Vérifiez aussi les élévateurs de la scapula, les trapèzes supérieur, moyen et inférieur, les rhomboïdes.

 

Syndrome de la jonction dorso-lombaire (dit aussi syndrome de Maigne)

Douleur

Il s’agit ici d’une lombalgie unilatérale se manifestant principalement à la crête iliaque  comprenant aussi, isolées ou associées, des douleurs à la face externe de la région du trochanter, une douleur au bas-ventre et à l’aine. Il n’y a généralement pas de douleur locale en D11-D12-L1 mais est ressentie à distance, par des modifications tissulaires douloureuses. La douleur est provoquée ou aggravée par des mouvements ou des efforts en torsion du tronc (positions de sommeil, swing du golf, etc.)

Le météorisme (gonflement abdominal par des gaz dans l’estomac et l’intestin) peut aussi être associé à ce syndrome. Dans ce cas, une manipulation vertébrale (qui n’est pas du ressort des massothérapeutes)  peut apporter un soulagement.[11]

États tissulaires

Cellulalgies:

  • Ÿ zone plus ou moins étendue sur la fesse, à la région de la crête iliaque, adjacente au "point de crête" (la plus fréquente); (A- sur la figure)
  • Ÿ à la face externe de la cuisse, au niveau du trochanter (B); souvent muette, sauf à la pression, bien que cette douleur soit souvent présente en fin de nuit, à cause des postures de sommeil inadéquates (accentuant la lordose ou faisant pression sur la région); parfois responsable de douleurs simulant une tendinite ou une bursite trochantérienne;
  • Ÿ à la région abdominale inférieure (B); à la partie supérieure de la face interne de la cuisse, près de l'aine. Ces douleurs sont ressenties comme profondes, simulant des douleurs gynécologiques, testiculaires ou viscérales.

Cordons myalgiques et points gâchettes (TP):

  • Ÿ dans les muscles fessiers et le piriforme (pyramidal);
  • Ÿ possiblement dans la partie inférieure des obliques et du droit abdominal;

Hypo et hypertonicité :

  • érecteurs du rachis (souvent segmentaire); long dorsal; ilio-costal et carré des lombes.

La massothérapie apporte un réel soulagement dans de nombreux cas de maux de dos féminins. Une approche globale permettra des résultats plus stables. Elle inclura le développement d'une conscience accrue du corps et de ses positions dans l'espace (éducation somatique) et l'enseignement des bonnes postures dans les AVQ. 

 

 * Michèle Guérin, massothérapeute agréée, andragogue  
 

[1] Dicke E., Schliack H. et Wolff A.: Thérapie manuelle des zones réflexes du tissu conjonctif. Maloine, Paris 1981

[2] Berthiaume M.-J., Lesage J. et Soucy J.P. : Imagerie de l’appareil locomoteur in Bergeron-Fortin-Leclaire : Pathologie médicale de l’appareil locomoteur, 2e éd.  op. cit. 2008 ch. 5

[3] Bergeron Yves et al. : Rachis lombaire, sacrum et coccyx in Bergeron-Fortin-Leclaire , op. cit. ch. 9

[4] Bouthillier C. et Filiatrault M. : Rachis dorsal in Bergeron-Fortin-Leclaire , op. cit ch. 8 

[5] Brevet d'État d'éducateur sportif 1er degré, France: Formation commune. Anatomie n°6 Le rachis, notions de caissons.  http://caratome.free.fr/Formations/FCun/anat6.pdf

[6] Ste-Marie L.G. et Rakel A. : Ostéoporose, maladie de Paget, ostéomalacie Ch. 25. in  Bergeron-Fortin-Leclaire, op. cit

[7] Roy A. et Léger L. : Sportif Ch. 34 p.1310 in  Bergeron-Fortin-Leclaire, op. cit

[8] Bouthillier C., Filiatrault, M. et al. Rachis dorsal ch. 8 in  Bergeron-Fortin-Leclaire, op. cit

[9] Maigne R. : Syndrome cellulo-téno-périosto-myalgique métamérique in Dupuis-Leclaire Pathologie médicale de l'appareil locomoteur. Edisem, St-Hyacinthe et Maloine Paris, 1986.

[10] Bouthillier C., Filiatrault, M. et al. Rachis dorsal  ch.8. op. cit.

[11] Vadeboncoeur R. et Maigne R. : Médecine manuelle ch. 38 p 1393 in  Bergeron-Fortin-Leclaire, op. cit.                                                                                              

Michèle Guérin*
Vol. 28 numéro 3

Article in French only

Avez-vous déjà reçu un client atteint de cancer dans votre bureau? Sinon, ça ne saurait tarder. Les spécialistes évaluent que d’ici peu, une personne sur deux sera atteinte de cancer au courant de sa vie. On vous a peut-être enseigné lors de votre formation, tout comme nous, qu’il était contre-indiqué de masser une personne atteinte de cancer. Heureusement les recherches médicales nous permettent de mieux comprendre les mécanismes de développement de cette maladie ce qui nous confirme que la massothérapie ne contribue pas à la propagation du cancer. Grâce à ces avancées scientifiques, il a été possible d’explorer tous les bienfaits que la massothérapie peut apporter à cette clientèle.

 

Nos années d’expérience à travailler auprès d’une clientèle atteinte de cancer en milieu hospitalier nous ont permis de constater à quel point le service est apprécié et répond à des besoins spécifiques de cette clientèle. Le soulagement ou la diminution de la douleur, soutenir les patients et leurs proches dans les moments les plus difficiles de la maladie, diminuer leur stress, leur anxiété, participer à la diminution des symptômes reliés à l’insomnie, la constipation, les nausées et l’œdème ne sont que quelques exemples de ce que l’on peut apporter pour améliorer le mieux-être de cette clientèle. Nous avons également constaté la complexité du parcours emprunté par les personnes atteintes. Il faut prendre en considération l’impact des examens, des traitements, des effets secondaires des médicaments et des séquelles.

 

Saurez-vous interpréter un changement de comportement provoqué par un médicament chez un de vos clients? Comment demeurer aidant envers un patient en phase terminale? Quelles sont les précautions à prendre pour masser un patient en radiothérapie? Qu’est-ce que la thrombopénie et quels en sont les symptômes? Comment vous adapteriez-vous à un patient en perte de mobilité, voire amputé?   Êtes-vous suffisamment formé pour évaluer les risques et les précautions à prendre en massothérapie auprès de cette clientèle? Avez-vous la capacité d’adaptation nécessaire pour répondre aux changements fréquents qu’imposent les traitements sur la vie du patient? Comment interagirez-vous avec le nombre important de professionnels gravitant autour de ce dernier et quelles sont les attentes du milieu médical? Voici quelques questions auxquelles vous pourriez être confrontés lorsque vous intervenez auprès de patients atteints de cancer.   

 

Si vous ou un de vos proches recevait un diagnostic de cancer, ne souhaiteriez-vous pas être dirigé vers le meilleur oncologue? Dans le même ordre d’idée, il est important de pouvoir offrir à cette clientèle, des massothérapeutes possédant toutes les connaissances et les aptitudes requises afin de répondre le plus adéquatement possible à leurs besoins, et ce, de façon sécuritaire.

 

La formation en massothérapie pour intervenir auprès des personnes atteintes de cancer devient donc une exigence. Elle vous permettra également de vous positionner en tant que massothérapeute dans le domaine de la santé. Cette formation vous enseignera les risques, les contre-indications et les précautions à considérer. Vous comprendrez mieux les besoins de la clientèle ce qui vous permettra d’orienter efficacement votre plan de traitement et de maximiser les bienfaits de votre massage. La formation contient quatre modules; anatomie, physiologie, pathologie, application pratique, approche client et des  stages. Ces derniers viseront l’acquisition de plusieurs compétences préalablement ciblées. Elles vous permettront d’augmenter la confiance que votre clientèle et le milieu médical ont en vous comme professionnel de la santé. Vous serez apte à travailler dans différents milieux et avec différents professionnels de la santé que ce soit en bureau privé, en centre d’hébergement ou en centre hospitalier par exemple. De plus, vous serez amené à vous questionner sur votre champ d’intervention en massothérapie, à identifier les limites de la profession, vos limites personnelles, à expérimenter l’impact émotif relié au travail avec cette clientèle et à réfléchir sur des pistes de ressourcement. 

 

À l’ère où le milieu de la santé parle d’humanisation des soins, que leur regard se tourne vers les approches complémentaires, au même moment où la Direction de la lutte contre le cancer inclue la massothérapie parmi les dix-huit professions dans son plan directeur de développement de compétences des intervenants en soins palliatifs, il est primordial que tous les professionnels de la santé reconnaissent l’apport de la massothérapie dans le plan global des soins offerts à la clientèle atteinte de cancer. Pour y arriver, il faudra répondre aux exigences du milieu de la santé. Ce dernier veut des professionnels adéquatement formés prodiguant des soins de haute qualité, encadré au sein d’une association professionnelle reconnue, respectant les normes de sécurité et de confidentialité du milieu.

 

Si vous ou un de vos proches recevait un diagnostic de cancer, ne souhaiteriez-vous pas être dirigé vers le meilleur massothérapeute?

 

* Martin Merrette et Élodie Desprez sont massothérapeutes agréés et ont suivi la formation pour intervenir auprès des personnes atteintes de cancer.

Martin Merrette et Élodie Desprez*
Vol. 28 numéro 2

 

Article in French only

Article : "Les produits utilisés en massage"

 

Bien qu’elles ne soient pas fréquentes en massothérapie, des réactions allergiques peuvent survenir.  Si la personne-cliente souffre d’asthme,  de rhume des foins, d’eczéma, détaillez soigneusement votre questionnaire-santé sur d’éventuelles  allergies. Choisissez des produits simples, neutres et sans parfum.  Restez attentifs à tout signe de réaction cutanée, respiratoire ou systémique. Pour connaître les signes et symptômes des réactions allergiques et les soins à prodiguer lors d’un choc anaphylactique ou d’une crise d’asthme,  consultez l’article de Daniel Pagé (Les réactions allergiques bénignes et de type  anaphylactique) qui précède dans nos pages.

Nous vous proposons ici un tableau non exhaustif des produits que nous utilisons en massage. Certains plus que d’autres sont susceptibles de déclencher des réactions respiratoires ou cutanées. Nous élargirons la question pour inclure les huiles essentielles dermocaustiques qui, sans être allergogènes, peuvent provoquer des irritations de la peau ou même des brûlures.

 

Les agents de glissement

Les agents de glissements sont généralement offerts sous forme d’huiles de massage ou de lotions. Simples ou composées, elles contiennent des huiles d’origine minérale  (tirée, comme la vaseline, du pétrole), parfois animale (lanoline, huile d’émeu, parfois de poisson désodorisée,) et le plus souvent végétale.

 

Parmi ces dernières, on retrouve en formules simples ou composées les huiles de fruit (avocat, coco ou coprah, jojoba, noyau d’abricot, olive, pépins de raisin...), de graminées (carthame, chanvre, germe de blé, sésame...), de noix (amandes douces et amères, argan, macadam, noisettes) de tournesol et des huiles de soja,  de ricin, de rose musquée, d’onagre et de bourrache...[1].  

 

Certaines personnes sont allergiques à la lanoline, plus rarement à  l’huile d’olive[2] ou possiblement à l’huile de coco. 

Utiliser une huile simple, plutôt qu’un mélange, diminue les risques de réactions indésirables, ou facilite l’identification de l’allergène.

 

Attention !

 Les huiles de noix peuvent causer des réactions anaphylactiques soudaines. Les huiles de soja, d’amande, de tournesol, de maïs et de carthame contiennent de l’acide arachidonique. Mieux vaut les éviter à cause des risques de contamination croisée. Des  molécules pourraient se retrouver sur la bouteille,  les poignées de porte, les robinets  de la salle de bain et autres objets lors de l’utilisation pour d’autres clients et  toucher ensuite la personne allergique.

 

Les huiles essentielles

Les huiles essentielles utilisées en massothérapie sont absorbées par la peau et les voies respiratoires. Lorsqu’elles sont authentiques et non frelatées elles provoquent rarement des réactions allergiques. Toutefois, même faible, le risque demeure. La dermocausticité de quelques huiles essentielles peut résulter de l’un ou de plusieurs de ces trois facteurs : elles peuvent être mal dosées – chacune a sa posologie particulière selon les ingrédients actifs qui la composent – ou encore ajoutées au  mauvais excipient. Certaines huiles essentielles en effet ne se diluent que dans l’alcool à 70°, 80° ou même 90°, d’autres ne se dissolvent que dans l’huile (celles-là sont dites liposolubles).

 

Les huiles essentielles contiennent naturellement (ou par altérations) plusieurs agents actifs, par exemple des phénols, des terpènes, etc. La meilleure façon de vérifier si une huile essentielle peut être irritante pour la peau est de vérifier sa composition chimique. Un bon manuel d’aromathérapie qui détaille les principes actifs des huiles essentielles est donc essentiel pour tout massothérapeute. On peut aussi se guider grâce au nom, en général latin,  de l’H.E. par exemple pour le thym : thymus vulgaris geranioliferum.  Ce troisième élément du terme (se terminant par les suffixes iferum ou ifera) indique le chémotype (la molécule), ici le géraniol, dominant dans l’huile essentielle. C’est comme pour le vin : le chémotype  peut varier pour une même plante selon sa provenance – sol, climat, maturité, partie de la plante utilisée et même année de récolte. Certains producteurs indiquent plutôt le chémotype entre parenthèses, en français, à la suite du nom, par ex. cymbopogon winteranius (citronellal) ou citronnelle de Java (citronellal).  L’organisme élimine la moitié des molécules absorbées par la peau et les voies respiratoires en 30 à 40 minutes environ, exception faite des cétones, qui peuvent s’accumuler dans l’organisme.

 

Il est essentiel de tenir compte du chémotype dans l’emploi des huiles essentielles en massothérapie, et tout autant d’utiliser une H.E. de qualité thérapeutique et non cosmétologique. En effet, plusieurs d’entre elles, même dites 100℅ pures,  peuvent être allongées avec des huiles végétales ou minérales, d’autres huiles essentielles moins chères – naturelles ou synthétiques- des agents émulsifiants, de la térébenthine ou de l’alcool.  Certaines sont décolorées avec des solvants puis reteintées, d’autres  modifiées par ajout ou retrait de composants. Par exemple, si on retire le limonène de l’huile essentielle de citron, on obtient une H.E. déterpénée, qui se conserve mieux, mais devient plus agressive pour la peau. Ces différentes  altérations peuvent aussi rendre les H.E. allergisantes et toxiques.[3]  Même le fait qu’une H.E. soit « pure » ou « authentique » ne la rend pas exempte d’éléments allergènes.

 

Les baumes et lotions analgésiques

Les massothérapeutes emploient parfois des baumes analgésiques sur les zones douloureuses des affections musculo-squelettiques. Parmi les produits dits naturels, notons le gel d’arnica, les huiles de genévrier, de moutarde, au santal (massage ayurvédique), le « tiger balm ». Lisez les étiquettes et les documents fournis ! Sinon cherchez la composition des produits sur Internet.

 

À titre d’exemple, le « tiger balm » rouge  contient  du camphre, du menthol, des huiles  essentielles de cajeput, de cannelle (cassia) et de  clou de girofle ; le blanc : du camphre,  de l’huile de menthe démentholisée, du menthol, de l’huile essentielle d’eucalyptus.  Quant au liniment, on y trouve en plus de l’H.E. de lavande aspic. L’huile essentielle de cannelle est dermocaustique. Bien que l’asthme ne soit pas physiologiquement  une réaction allergique il peut être déclenché par un allergène. Par ex.  les huiles essentielles d’eucalyptus et de lavande aspic peuvent provoquer une crise chez la personne asthmatique. Lors du questionnaire santé, vérifiez toujours si la personne asthmatique a son inhalateur de secours (pompe) avec elle.

 

Attention !  La moutarde est l’un des principaux allergènes. L’arnica montana, le santal et les camomilles allemande et romaine sont aussi reconnus comme possiblement allergogènes.

ATTENTION !

Baumes analgésiques inodores, thermogènes ou gels glacés

Le menthol  et/ou un salicylate de méthyl  à plus ou moins forte concentration constitue l’ingrédient actif commun à tous ces baumes. Le camphre s’y retrouve fréquemment, ainsi que l’eucalyptus ; enfin la capsaïcine (ingrédient « chaud » du piment, susceptible de provoquer des brûlures) en particulier dans les baumes thermogènes.

Évitez de les utiliser pour une personne asthmatique si le produit contient de l’H.E. d’eucalyptus

 si elle est  allergique aux salicylates   ou si elle prend des anticoagulants (par ex. du  coumadin).

 Renoncez aux produits contenant de la capsaïcine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les composants dermocaustiques  et allergisants[4]

Voici une liste non exhaustive des composants susceptibles de se retrouver dans les  huiles essentielles ou encore dans les huiles et lotions de massage. Une H.E. contient plusieurs ingrédients actifs. Dans la liste ci-dessous, le fait qu’un ingrédient se retrouve dans  l’huile essentielle nommée n’exclue pas la présence de composants secondaires possiblement allergènes. Tout le monde n’y est pas allergique, bien sûr, l’hypersensibilité varie d’une personne à l’autre. La réaction dépend  aussi du type d’allergène, de sa concentration et de la durée d’exposition.

 

·           Produits chimiques :

  • Amerchol L 101 : obtenu par hydrolyse de la lanoline ; agent émollient et émulsifiant dans lotions et médicaments cutanés ;
  • MDBGN : agent de conservation dans les médicaments topiques ;
  • Paraben dans les crèmes, onguents et lotions.

·           Huiles essentielles :

·         Citral : allergène. H.E. d’ylang-ylang, de palmarosa, de géranium, de néroli, de lemon-grass, de houblon et de lavande ;

·         Citronnellol : allergène. H.E.  de géranium, de rose ;

·         Coumarin : allergène et anticoagulant[5]. H.E. lavande, de cannelle ;

·         Eucalyptol : pourrait déclencher l’asthme. H.E. d’eucalyptus; de lavande; de ravensara,  de romarin, de niaoulide laurier, etc. ;

·         Eugénol  et certains autres phénols: (par ex. carvacrol, thymol,) : dermocaustiques et allergènes. H.E. de thym, d’origan, de girofle et de poivre ;[6]

·         Géraniol : allergène. H.E. de géranium, de palmarosa, de rose, d’ylang-ylang ;

·         Lactones sesquiterpéniques : provoquent des réactions allergiques cutanées étendues : H.E.  de laurier noble ;

·         (Certains) terpènes: par ex. aldéhides terpéniques : dermocaustiques : H.E. de cannelle dans la composition du Tiger Balm rouge ;

 

o   hydroperoxydes terpéniques – produits à haute chaleur ou  par un problème de conservation (lumière, soleil, chaleur) : H.E. de pin sylvestre et d’épinette noire.

Attention !

Les huiles essentielles potentiellement allergogènes

Prudence ! avec toute personne présentant un terrain allergique (eczéma, asthme, rhinite allergique, etc.). Préférez une huile à massage neutre. Ou  faites un essai de votre huile additionnée de l’H.E. choisie en respectant les dosages  sur une petite surface à l’intérieur du bras, en prévision d’une session de massage ultérieure (observation des réactions : 24 heures).

 

·        H.E. d’épinette noire (Picea mariana

·        H.E. de cannelle (Cinnamomum verum)

·         H.E. d’eucalyptus (Eucayptus globulus, E. radiata et E. citronnata)

·         H.E. de géranium bourbon (Pelargonium roseum)

·         H.E. de jasmin (Jasminum Grandiflora)

·         H.E. de laurier (Laurus nobilis) : allergisante par voie cutanée[7]

·         H.E. de lavande : toutes mais en particulier  la lavande aspic (Lavendula latifolia)[8].

·         H.E. de melaleuca (Tea Tree) ( Melaleuca alternifolia)[9]

·         H.E. de menthe poivrée  (Mentha piperita)[10]

·         H.E. de niaouli (Melaleuca quinquenervia cineolifera)

·         H.E. de pin sylvestre  (Pinus sylvestris)

·         H.E. de  ravensara (Ravensara aromatica) 

·         H.E. de romarin (Rosmarinus officinaliscineoliferum, caphoriferum et verboniferum)

·         H.E. de rose  (Rosa centifolia et R.damascena) : la véritable est rare et chère, donc souvent extraite avec des solvants, reconstituée ou  frelatée)[11] et  H.E. de bois de rose

·         H.E. de santal (Santalum album)

·         H.E. d’ylang-ylang (Cananga odorata)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*Michèle Guérin, massothérapeute agréée, andragogue

Collaboration et révision : Dr André Ménard, MD, dermatologue.

 

 

[1] Nicole Maurice : Le choix des huiles végétales en aromathérapie. . Chronique l’Aromathérapie. Le Massager  13 -4. Fév. 1997 pp 15-18

[2] Ménard Dr A., Durocher Dr. L.P., Richard Dr. M: Fiches pour les patients sur les principaux allergènes et leurs sources. Laboratoires Dormer

[3] Nicole, Maurice : Les critères de qualité des huiles essentielles : un facteur déterminant de succès en aromathérapie. In  Chronique l’Aromathérapie 2. Le Massager  12 -2. Sept. 1995. pp 9-13

[4] Nicole Maurice : Risques professionnels associés à l’exposition continue aux huiles essentielles. Chronique l’Aromathérapie 3. Le Massager  12 -3. Nov. 1995. pp 3-8

[5] Ménard Dr A., Durocher Dr. L.P., Richard Dr. Mop. cit

[6] Ménard Dr A., Durocher Dr. L.P., Richard Dr. Mop. cit.

[7] Nicole Maurice : De la molécule à l’action thérapeutique: la clé de l’aromathérapie et de ses applications à la massothérapie. Chronique l’Aromathérapie 4. Le Massager  12 -4. Fév. 1996 pp 21-24

[8] Maurice Nicole, op. cit. et  Ménard Dr A., Durocher Dr. L.P., Richard Dr. Mop. cit.

[9] Ménard Dr A., Durocher Dr. L.P., Richard Dr. Mop. cit.

[10] Idem

[11] Bardeau Fabrice : La médecine aromatique. Éditions Robert Laffont 1976

 

Michèle Guérin *
Vol 28 numéro 1